Garantie Jeunes, le Finistère en première ligne

Le Finistère fait partie des dix départements qui expérimenteront début 2014 ce nouveau dispositif piloté par l’Etat via la DIRECCTE. « Nous montrons une fois de plus que nous sommes capables de nous mobiliser pour œuvrer dans l’intérêt des jeunes », souligne le Président du Conseil général, Pierre Maille. Ce dispositif est destiné à un public de 18 à 25 ans, sans emploi ni étude ni formation, en situation de grande précarité sociale, familiale ou financière. Il prévoit une allocation mensuelle de 433,75 €, cumulable avec les ressources d’activités jusqu’à 300€ puis dégressive jusqu’à 80% d’un SMIC brut.
Les Missions Locales exerceront un rôle clé dans cette expérimentation en mettant en œuvre un accompagnement intensif, à la fois individuel et collectif. La Garantie Jeune concernera un millier de jeunes dans le Finistère, dont plus de 400 dans le Pays de Brest*. « Ce n’est ni un droit, ni une prestation. Il s’agit d’une plus-value, d’un nouvel outil qui viendra compléter nos ressources existantes, fondées sur des relations partenariales fortes. Nous disposons notamment sur notre territoire d’un réseau de 400 entreprises dans les secteurs marchand et non marchand », explique Marie Le Morvan, directrice de la Mission Locale du Pays de Brest. « 60% des personnes que nous recevons en premier accueil sont sans ressource », précise-t-elle. « Le fait d’installer un jeune dans l’emploi constitue l’un des éléments déterminants de son parcours d’insertion. Mais nous travaillons aussi sur l’ensemble des problématiques qui conditionnent son autonomie socioprofessionnelle et sa stabilité ». C’est en ce sens que le positionnement des Missions Locales au cœur de ce nouveau dispositif apparaît tout à fait pertinent. Dans le Pays de Brest, huit conseillères d’insertion seront recrutées. Chacune étant chargée d’accompagner cinquante jeunes. « Certains d’entre eux se mésestiment. La Garantie jeunes pourra leur permettre de prendre conscience de leur valeur, de mieux identifier et formaliser leurs atouts et compétences. Cette médiation active implique que les jeunes s’engagent, par contrat, à accepter un accompagnement global visant à retrouver le chemin de l’autonomie. Il s’agit d’un parcours d’insertion renforcé, quasiment à temps plein, qui mène vers l’emploi et dans l’emploi. La Garantie jeunes comporte enfin une dimension collective propre à susciter des échanges et créer une émulation positive ».

*6 030 jeunes ont bénéficié en 2012 d’un accompagnement individualisé et personnalisé par la Mission Locale du Pays de Brest.
40% d’entre eux possèdent un diplôme.

Chrysalide en métamorphose

La Coopérative d’activités et d’emploi (CAE) Chrysalide, structure partenaire du Conseil général, créée en 2002, propose une offre d’insertion spécifique conforme aux valeurs de l’ESS. Les porteurs de projets peuvent devenir entrepreneurs salariés. Ils bénéficient alors d’un accompagnement multiforme (juridique, comptable, fiscal…) qui leur permet d’évaluer la viabilité de leur projet et de développer leur activité sans être obligé de créer immédiatement leur propre structure. Il existe plusieurs CAE spécialisées : Penn Ar Bât (bâtiment), Coop Domi Ouest (services à la personne), Artenréel (artistique et culturel).
Les CAE finistériennes hébergent 190 entrepreneurs salariés et comptent 19 associés. Leur chiffre d’affaire s’est élevé l’an dernier à 1,1 million d’euros. « Un euro de subvention génère chaque année entre 4 et 5 euros réinjectés dans l’économie locale. A ce stade, on ne peut plus parler de don ou d’assistanat. C’est un investissement ! », souligne Franck Charruau. « Notre modèle constitue une alternative à celui de l’entreprise individuelle. Il est en complète divergence avec le statut d’auto-entrepreneur. Car ici, c’est le contraire de l’isolement ». Dans la rubrique projets figure la création fin 2014 d’une grappe d’entreprises regroupant les CAE du département et d’autres structures aux valeurs communes dans les champs de la formation, du conseil, de la culture… Dans cet univers épanouissant naissent des projets ambitieux et innovants comme celui du Laboscop. Stéphanie Brulé-Josso*, ethnologue et chercheuse médiatique, et Anne-Gaëlle Jacquin*, docteur en biologie marine et médiatrice scientifique, toutes deux férues d’expérimentation dans le champ social, veulent ainsi se positionner à l’interface sciences-société en développant un « laboratoire de recherche-action-formation ouvert à toutes les structures coopératives ».

*Respectivement : http://divers-cites.fr et www.routedesalgonautes.org
Plus d’infos : www.chrysalide.coop

Les Coopératives Jeunesse de Services

C’était une première en France l’été dernier. Trois Coopératives jeunesse de services (CJS) ont vu le jour en Bretagne, à Quimper, Rennes et Quintin (22). L’idée vient du Québec où elle a fait florès depuis vingt-cinq ans. Elle consiste pour une dizaine de jeunes à réaliser des travaux estivaux dans leur environnement proche en s’appuyant sur une structure coopérative dont ils définissent ensemble le mode de fonctionnement et qu’ils gèrent collectivement.
A Quimper, l’expérience a séduit quatorze jeunes de 16 à 20 ans qui ont proposé en juillet-août leurs services à des tarifs très modiques dans des domaines variés : jardinage, baby-sitting, réparation d’ordinateur, pose de moquette… En six semaines d’activités, 1 600 € ont été versés au pot commun. Pas de quoi, individuellement, s’offrir un séjour chez nos cousins de la Belle Province. Mais bien assez, collectivement, pour emmagasiner une belle collection d’infos sur le fonctionnement d’une coopérative et partager une aventure humaine enrichissante entre associés d’un été.
La CJS était hébergée par la Coopérative d’activités et d’emploi Chrysalide. Elle a bénéficié de l’accompagnement de deux animateurs professionnels. Cette initiative, soutenue notamment par le Conseil général du Finistère et la Région Bretagne, a donné lieu à la création d’un comité local rassemblant des partenaires tels que Chrysalide, la Mission Locale du Pays de Cornouaille, l’Association pour le développement de l’économie sociale et solidaire… Ce modèle original d’apprentissage de la gestion entrepreneuriale collective sera reconduit l’an prochain au niveau régional. « Elle le sera à Quimper, mais, compte tenu de l’intérêt suscité à Brest et Carhaix, il est possible que nous comptions au moins trois CJS dans le Finistère en 2014 », affirme Franck Charruau, gérant de Chrysalide.
Les premiers retours d’expérience n’ont pas tardé. « Ils sont plutôt positifs. Au niveau des trois CJS bretonnes, nous avons toutefois distingué des points de vigilance qui avaient d’ailleurs été pointés du doigt par le délégué québécois », indique Franck Charruau. « D’abord, l’importance du rôle du comité local. Cette année, faute de temps, il n’était sans doute pas suffisamment étoffé. Il a fonctionné autour d’un noyau dur (Conseil général, DIRECCTE…). Nous souhaiterions notamment l’élargir aux chambres consulaires et aux réseaux d’entreprises. Ensuite, nous avons pu constater que deux animateurs pour appuyer le dispositif, ce n’était vraiment pas trop. Enfin, il nous faudra travailler sur les modalités de constitution du groupe de jeunes. L’an prochain, cette opération sera reconduite au niveau régional. Mais nous anticipons déjà sa généralisation à l’ensemble du territoire national en 2015 ».

La mer, territoire d’insertion

Nautisme en Finistère* est au cœur d’une démarche particulièrement originale et innovante. « Marine Academy » s’inscrit dans le cadre d’un projet européen transfrontalier, « Channel Marine Academy** », qui associe le Finistère et la Cornouailles anglaise.
Marine Academy est un cycle de découverte et d’expérimentation des métiers de la mer dont la première édition a bénéficié en 2013 de l’implication de l’Europe (via le programme Interreg), de la Région Bretagne, de Nautisme en Finistère et des Missions Locales du Pays de Brest et du Pays de Cornouaille. Seize stagiaires issus à part égales des deux missions locales concernées ont eu l’opportunité de s’immerger dans l’univers maritime (nautisme, pêche, construction et réparation navales, commerce et services…). Ils ont pu tester leur aisance aquatique, se préparer au permis mer, visiter plusieurs centres de formations, expérimenter différents métiers, effectuer un stage en entreprise d’une semaine et même bénéficier d’un voyage d’échange en Cornouailles britannique.
La promotion 2013 dit avoir apprécié « l’encadrement très compétent », la « diversité des métiers étudiés » et la prédominance de la pratique sur la théorie. La plupart des stagiaires ont intégré des formations à l’issue de cette expérience intensément vécue : quatre dans le secteur de la pêche (Centre Européen de Formation Continue Maritime de Concarneau, Lycée Maritime Professionnel du Guilvinec), trois dans une filière ATAN (assistant technicien des activités nautiques), deux dans les activités de sellerie et voilerie.
Le secteur du nautisme en Finistère emploie 2 950 personnes (équivalent temps plein). Le département compte plus de 500 entreprises dans les domaines de la construction, réparation et maintenance navales, des services et du négoce. Il accueille 220 structures d’encadrement des activités (centres nautiques, écoles…), 14 ports de plaisance, 370 petits ports et zones de mouillages et 27 000 bateaux de plaisance. L’un des groupes thématiques mis en place en vue de l’élaboration du prochain Livre Bleu du Nautisme pour 2015-2020 est dédié à « l’emploi, l’insertion et la formation ».

*Etablissement public industriel et commercial (Epic) créé par le Conseil général.
**English Channel, c’est ainsi que les Britanniques appellent la Manche. 
Plus d’infos : www.nautisme-finistere.com

Pass’emploi, un recrutement sur-mesure

Sa bonne humeur et son enthousiasme sont communicatifs. Régis Hémidy, 27 ans, a été recruté en CDI il y a six mois au Super U de Guipavas. Une heureuse issue après avoir exercé le métier de carreleur pendant huit ans et s’être retrouvé sans emploi du jour au lendemain. Dans un premier temps, les solutions classiques n’ont pas fonctionné.
« J’ai adressé beaucoup de candidatures spontanées… et essuyé autant de refus. Certains m’ont dit carrément : vous avez plus de 26 ans, vous nous coûtez trop cher ! ». Il devenait donc urgent de changer de domaine d’activité et de trouver un nouvel angle d’attaque. « Ma mère m’a recommandé de contacter Pass’Emploi qui l’avait elle-même accompagnée », explique Régis. « Tout s’est réglé très vite, en un mois. J’ai toujours été attiré par les métiers de bouche. Même si je manquais d’expérience, j’étais extrêmement motivé ! ». Un état d’esprit qui n’a pas échappé à Morgane Gruet, responsable frais de la grande surface. « Je travaille exclusivement avec Pass’Emploi », souligne-t-elle. « Dans mon secteur, j’ai souvent besoin d’une personne assez vite. Mon interlocutrice est très réactive. J’appelle le matin et j’ai une proposition au plus tard le lendemain ». « Nous ne présentons qu’une seule candidature. Il n’y a pas de mise en concurrence », souligne Isabelle Martin, la chargée de relation entreprises de Pass’Emploi concernée. Un mode de fonctionnement dont le succès repose sur la franchise, le dialogue et la confiance réciproque. « Le système fonctionne. J’ai été très rarement déçue. On travaille sans cv. J’attache la plus grande importance à la motivation du candidat et à sa capacité d’adaptation. Il est toujours possible de compenser l’absence d’expérience dans le métier par une formation. Il faut donner sa chance à tout le monde ».
« Grâce à Pass’Emploi, j’ai recruté cinq personnes au total », affirme Morgane Gruet. « Nous décortiquons le poste de travail que nous visitons avec le candidat », précise pour sa part Isabelle Martin. L’intervention de Pass’Emploi ne s’arrête pas à la signature du contrat. Pendant six mois, des bilans d’étapes réguliers sont organisés afin, poursuit-elle, d’« entretenir un espace de dialogue où les choses peuvent être dites afin d’apporter si besoin les ajustements nécessaires ».

L’accompagnement du PLIE, les équipes emploi de BMO

Le Plan Local pour l’Insertion et l’Emploi (PLIE) a vu le jour sur le territoire de BMO fin 1993. Il a été étendu en juin 1999 à l’ensemble du Pays de Brest. Reposant sur de solides fondations partenariales, cette association favorise le retour à un emploi durable (CDI ou CDD de plus de 6 mois) des personnes les plus éloignées du marché du travail (demandeurs d’emploi de longue durée, bénéficiaires de minima sociaux) cumulant difficultés professionnelles et sociales. Ce qui implique la co-construction d’un parcours personnalisé progressif (mobilisation, formation, contrats aidés, CDD…).
« Le PLIE coordonne les parcours d’insertion et mobilise les étapes et financements », résume Stéphane Montreer, responsable Pôle Participants et référent Pôle Ingénierie et Animation. Dans le Pays de Brest, 1 250 personnes sont accompagnées à l’année dans ce cadre. 500 d’entre elles sont orientées vers les six équipes Emploi. Pour le bénéficiaire, il s’agit d’un engagement volontaire et non d’une contrainte.
Les équipes Emploi suivent essentiellement des bénéficiaires du Rsa, demandeurs d’emploi de longue durée (38 mois en moyenne) et personnes âgées de plus de 50 ans, dont le niveau de qualification n’excède pas le niveau 5 (l’équivalent d’un CAP ou BEP). Nombre d’entre eux sont confrontés à une multiplicité d’obstacles (mobilité, santé, logement, mésestime de soi…), d’où la nécessité d’un dialogue approfondi, concret et précis. « Nos relations avec les chefs d’entreprise et les candidats sont basées sur la franchise », affirme Isabelle Martin, chargée de relations entreprises. « On négocie beaucoup. C’est un travail très fin où chaque détail compte. La clef, c’est de parfaitement définir le poste de travail, en appliquant la méthode IOD (Intervention sur l’Offre et la Demande) ».
« Nous faisons en sorte que la personne arrive sereine à son poste », complète sa collègue, Béatrice Sabiron-Calvez. Cette démarche de médiation active a déjà convaincu plus de 200 entreprises dans le Pays de Brest. « L’enjeu est majeur : proposer et négocier des emplois durables dans un contexte de précarité », souligne Stéphane Montreer. C’est pourquoi les résultats des 12 équipes Emploi finisériennes méritent d’être rappelés : 70% de reprise d’emploi, 55% de maintien dans l’emploi 6 mois et plus, dont 30% de CDI !

Plus d’infos : http://paysdebrest-mefp-plie.fr

Guide des pratiques responsables en matière de conditions de travail

Un guide des pratiques responsables en matière de conditions de travail dans les industries agroalimentaires finistériennes sera diffusé début 2014 par le Conseil général auprès des acteurs du travail et de l’emploi dans ce secteur économique clé. Le Département en a confié la réalisation à l’Aract Bretagne* (Agence régionale pour l’amélioration des conditions de travail).
« Nos trois missions principales sont l’intervention en entreprise (appui/conseil), la capitalisation (outils/méthodes) et la diffusion de connaissances et bonnes pratiques », explique Elisabeth Dewanckel, chargée de mission au sein de l’association. Huit entreprises agroalimentaires de tailles, domaines d’activité et implantations géographiques différentes, ont participé à la conception de ce document centré sur trois thématiques déterminantes en termes d’intégration durable : pratiques de recrutement et d’accueil, parcours professionnels et développement des compétences, conditions de travail et qualité des relations sociales. « L’amélioration des conditions de travail constitue un enjeu essentiel en matière de santé bien sûr, mais aussi de performance économique et d’attractivité », souligne Elisabeth Dewanckel.
Afin de mener à bien ce projet, un comité de pilotage élargi, auquel ont notamment été associées les équipes emploi du Conseil général, a été constitué. Il a débuté ses travaux en septembre 2012. Entre mars et juin dernier, l’Aract Bretagne a recueilli sur le terrain la matière indispensable à la rédaction du guide : données sociales, paroles d’acteurs, observations en situation…
Un document spécifique sera remis à chacune des entreprises participantes. Des éléments de synthèse plus globaux nourriront le contenu du guide, dont la rédaction est en cours de finalisation. « Destiné aux acteurs de l’entreprise et de l’emploi, il s’articulera autour des trois leviers de l’insertion durable, avec pour chacun d’eux des points clés pour agir, des exemples de pratiques responsables et des extraits d’entretiens individuels », poursuit la chargée de mission.
Chaque chapitre comportera également une « boîte à outils » valorisant les ressources existantes. Ce document utile et précieux sera téléchargeable gratuitement sur les sites du Conseil général du Finistère, de l’Aract Bretagne et de plusieurs autres partenaires.

*Financée par l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (ANACT), la Direccte Bretagne (Etat) et la Région Bretagne.
Plus d’infos : www.bretagne.aract.fr ; www.anact.fr

Art, culture et accompagnement social

Pour la première fois cette année, deux projets « Créatives » sont menés sur le département : l’un à Brest encadré par la chorégraphe Mari Flones et le metteur en scène Lionel Jaffrès et l’autre à Morlaix sous la direction des chorégraphes, Bernardo Montet et Dimitri Tsiapkinis. Ces artistes ont une démarche artistique accueillant toutes les formes de culture et notamment celles qui ne s’expriment pas dans les lieux de programmation culturelle. « Partager une création artistique avec une population dont on entend peu ou pas assez la parole m’empêche d’être déconnecté du monde dans lequel je vis », souligne Lionel Jaffrès. « Je suis avant tout un artiste et j’interviens en complémentarité des dispositifs d’accompagnement. Ces femmes sont demandeuses d’un projet collectif favorisant le lien social et l’estime de soi. » « Nous pratiquons la danse avec elles sans chercher à soigner leurs maux, précise Dimitri Tsiapkinis. On améliore leur qualité de vie en travaillant sur leur expressivité, leur créativité. Plus on a confiance en sa parole et en son geste, plus on gagne face à la vie, la danse a un effet thérapeutique en exorcisant les problèmes qui ont du mal à s’exprimer. » « On juxtapose des regards et des pratiques, poursuit Lionel Jaffrès. Les postures corporelles, les expressions du visage, l’appréhension du mouvement changent au cours d’une même séance et tout au long de l’apprentissage. Lors des premiers ateliers, elles se sentent souvent en danger. La confrontation à l’autre les terrorise. Elles s’observent or pour elles le regard des autres, des institutions, des assistantes sociales les stigmatise, les contraint. Se sentant jugées, elles se dévalorisent et s’empêchent d’avancer. En travaillant en groupe, elles s’ouvrent aux autres, s’émancipent et se libèrent de leur corps en évitant la pensée. C’est frustrant de ne toucher qu’une quinzaine de femmes lorsqu’on voit les résultats probants du dispositif, mais cet accompagnement individuel ne pourrait survivre à une action de masse. »

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La danse pour se réapproprier sa vie

L’association Danse à tous les étages, créée en 1997, s’est donnée pour mission de soutenir la danse contemporaine et de la rendre accessible à tous, « comme le gaz et l’électricité qui alimentent tous les étages d’un immeuble », commente Marianne Villiers, coordinatrice en Finistère. Depuis 10 ans, l’association mène le projet « Créatives » conjointement avec des structures d’accompagnement social et de formation professionnelle (CIDFF, Seb’action, CDAS, CCAS de Brest, Pôle emploi…).
Il permet à une quinzaine de femmes volontaires, en recherche d’emploi, de travailler les techniques artistiques de la danse contemporaine et du théâtre avec deux professionnels, pendant 3 mois. Les participantes sélectionnées suivent deux ateliers de danse de 3 heures par semaine, une rencontre mensuelle individuelle avec leur référent insertion pour élaborer leur projet professionnel et des sorties aux spectacles en partenariat avec le Quartz et le Mac Orlan.
À l’issue de ce parcours, elles se produisent sur scène pour présenter en public leur création chorégraphique. « Ces femmes « créatives » deviennent actrices du projet culturel, explique Marianne Villiers. En les replaçant dans une dynamique de mise en œuvre d’un projet, elles vont reprendre confiance en elles, reconstruire leur identité, revaloriser un corps oublié, retisser des liens sociaux avec les autres et rompre ainsi leur isolement. Étant avant tout une structure culturelle, nous ne cherchons pas à lever, de prime abord, les freins à la réinsertion socio-professionnelle de ces femmes, ce travail est effectué par nos partenaires sociaux qui les accompagnent. C’est par la pratique artistique, les contraintes liées à la présence aux ateliers, de nombreuses choses induites, que ces femmes vont prendre conscience des compétences dont elles recèlent et celles qu’elles doivent acquérir pour se réapproprier leur vie. » Ce cheminement ne s’opère pas pour toutes sans difficultés : abattement, pleurs, colère envers elle-même, jusqu’à l’arrêt du projet parfois. Mais pour celles qui suivent la démarche, « confiance et estime de soi sont recouvrées », d’après une étude menée fin 2010 par la sociologue Véronique Vasseur comparant la situation des participantes avant et après les ateliers. « Sur les 39 femmes interrogées, quatre ont créé leur société suite au projet et un peu moins de la moitié ont désormais un emploi », expose la sociologue. « Ces femmes affirment avoir retrouvé de l’énergie pour entreprendre et s’être suffisamment reconstruites pour affronter la recherche d’emploi. Elles ont réussi à prouver aux autres et à elle-même qu’elles étaient capables d’accomplir quelque chose. » Les paroles de ces femmes sont éloquentes : « Je me suis sentie pousser des ailes ; Je suis mieux en société, plus intégrée ; Mon corps revit ! » Nombreuses sont celles qui ont décidé de suivre une formation, de reprendre leurs études, de continuer activement leurs recherches d’emploi et de poursuivre la pratique artistique !

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La Chambre de Métiers et de l’Artisanat accompagne les chefs d’entreprise

Depuis mars dernier, Hervé Moguérou, conseiller à la Chambre de métiers et de l’artisanat du Finistère (CMA) accompagne dans une démarche de diagnostic les chefs d’entreprise qui, faute de revenus suffisants, bénéficient du Rsa. Le plus souvent indépendants ou auto-entrepreneurs, ils sont orientés par les travailleurs sociaux du Conseil général. « L’objectif est de leur permettre de développer leur activité et leur chiffre d’affaires afin de retrouver une autonomie financière. La plupart du temps ces personnes ont été très peu accompagnées au démarrage de leur activité », explique Hervé Moguérou. Il dresse, avec le chef d’entreprise, un état des lieux de l’activité et fait le point des compétences, de la rentabilité économique de l’activité et des besoins de formation. « Il y a bien souvent des lacunes en gestion et en développement commercial. » Le diagnostic s’accompagne souvent d’une mise en place d’outils de gestion comme le tableau de bord pour un suivi de trésorerie. Si l’activité ne peut se développer, la personne est alors réorientée vers la recherche d’un emploi salarié.