Première marche à gravir : l’estime de soi

CJD Quimper

Une trentaine de parrains et marraines bénévoles accompagne des jeunes de la Mission Locale du Pays de Cornouaille dans leur recherche d’emploi.

La Mission Locale du Pays de Cornouaille (MLPC) accueille, conseille, informe, oriente et accompagne les jeunes de 16 à 25 ans sortis du système scolaire ou universitaire dans leur recherche de formation ou d’emploi et leur vie quotidienne. Elle bénéficie depuis une dizaine d’années du soutien de parrains et marraines bénévoles qui interviennent en synergie avec les conseillers de la Mission Locale. Cette démarche (trois mois maximum) vise à proposer au filleul, mises en relation avec des employeurs potentiels, méthodes de recherche d’emploi, reconquête de l’estime de soi. « Nous avons signé en septembre 2012 une convention de partenariat avec le Centre des jeunes dirigeants d’entreprise (CJD) de Quimper-Cornouaille qui prévoit l’accompagnement de 10 jeunes par 10 membres du CJD et la réalisation de simulations d’entretien », précise Hélène Bouthier, référente mixité des emplois à la MLPC. Elle anime un réseau d’une trentaine de parrains et marraines (jeunes dirigeants compris) qui s’engagent au profit de près de 80 bénéficiaires. « Ce dispositif permet aux jeunes de dédramatiser leur relation avec l’entreprise. Beaucoup ont encore une vision erronée du chef d’entreprise qui serait le méchant et voudrait les piéger. Certains sont même tétanisés à l’idée de passer un entretien », indique Hélène Bouthier. Et pourtant certains patrons ne demandent qu’à les aider. C’est le cas de Yann Darcy, directeur de l’entreprise quimpéroise Ressources Mobilité Professionnelle. « Je parraine des jeunes depuis ma sortie d’école de commerce. C’est une question de générosité, plus que d’utilité », affirme-t-il. « L’objectif est de redonner confiance à des jeunes auprès desquels le monde de l’entreprise n’a pas forcément bonne image. L’estime de soi constitue la première marche à gravir avant d’aborder les outils. Nous positionnons nos filleuls comme offreurs de compétences plutôt que demandeurs d’emploi ». « Il faut relier les compétences entre elles », constate Marie-Renée Closier, conseillère d’orientation pendant trente ans. « Les jeunes femmes que j’accompagne ne se rendent pas toujours compte de la valeur de leurs apprentissages », déclare cette retraitée de l’Education nationale qui reconnaît avec beaucoup d’élégance intellectuelle ne pas tout connaître du monde de l’entreprise et de ses évolutions accélérées. « Paradoxalement, les jeunes paraissent généralement mal préparés au monde de l’entreprise », regrette un autre parrain très investi, Edouard Marco, ancien directeur général des bâtiments, matériels et espaces verts de la Ville de Quimper. « Ils ne savent pas ce que l’on attend d’eux. Il existe un chaînon manquant entre l’éducation nationale et l’entreprise. De nombreux jeunes semblent persuadés que l’obtention d’un diplôme leur garantira un travail. Comme ce n’est pas le cas, ils se disent qu’ils ne sont pas bons. La porte est fermée et ils n’ont pas la clef ».

Plus d’infos : www.mlpc.asso.fr ; www.cjd-quimper.fr