La vivacité des viviers Béganton

Viviers Béganton

Le groupe Beganton emploie une centaine de salariés, dont 42 à Roscoff et Moguériec. Il a commercialisé l’an dernier 2500 tonnes de tourteau, son produit phare.

La société Beganton, fondée à Moguériec en 1979, implantée à Roscoff depuis 1990 et cogérée par Jacques Person et Hubert Le Bihan, constitue l’un des acteurs emblématiques de la filière pêche dans le Nord-Finistère. La « maison mère », les Viviers de Beganton dont le siège est situé au port de Bloscon, emploie 42 salariés pour un chiffre d’affaires de 22 millions d’euros en 2012. Si l’on élargit le champ à l’ensemble du Groupe Beganton en ajoutant les filiales*, le nombre d’emplois atteint la centaine (80 personnes basées à terre + 3 équipages de 7 marins) avec un chiffre d’affaires de 50 M€ l’an dernier.
Cette même année, la société Beganton a commercialisé 2 500 tonnes de tourteau – l’activité phare de la pêcherie – de 300 à 500 tonnes d’araignée, 300 tonnes de homard et une vingtaine de tonnes de langouste, auxquelles s’ajoutent 1 500 à 2 000 tonnes de poissons, pêchées pour l’essentiel « localement » : lotte, barbue, turbot, lieu, raie, seiche… « Nous privilégions les bateaux français », souligne Hubert Le Bihan. La société Beganton possède en propre trois caseyeurs. L’un d’entre eux, « L’Etoile du Berger », a été mis à flot voici une dizaine d’années. Les deux autres sont d’anciens chalutiers de 24 mètres transformés. « Nous travaillons régulièrement avec deux autres patrons français », précise Hubert Le Bihan. « Les marées durent une dizaine de jours. Nos bateaux naviguent entre 150 et 180 jours par an ».

Côté export, qu’affiche le baromètre ? « Les difficultés rencontrées sur les marchés espagnol et portugais nous ont fait mal », reconnaît le dirigeant. Mais la société s’est rapidement adaptée. « Nous commençons à travailler avec la Chine et nous nous développons sur l’Italie. Parallèlement, nous commercialisons d’autres produits à plus faible marge comme la seiche ». Globalement, la part à l’exportation a baissé depuis la crise de 40% à 33%, celle de la grande distribution a augmenté de 40% à 47% et les ventes au secteur traditionnel sont stables à 20%. « Il existe un avenir pour ceux qui veulent venir à la pêche ou y rester. Les bons caseyeurs donnent des salaires plus que décents. Les crustacés ne font pas partie des espaces menacées. Il manque, c’est vrai, un petit plus au niveau du prix. Mais le problème majeur, c’est le renouvellement de la flottille. Si l’on a la possibilité d’investir avec un jeune patron de pêche qui tient la route, on le fera volontiers », affirme Hubert Le Bihan. Pour l’heure, Beganton a déjà lourdement investi à terre, notamment dans un équipement de cuisson qui lui permet de réaliser 17% du total de ses ventes de crustacés. L’opportunité de lancer la barquettisation de certains produits est étudiée. Les Viviers ne se reposent jamais…

*Breiz Izel Marée (Le Conquet), Homard Atlantique (Rungis), Viviers de Loctudy, Viviers de Cancale.
Plus d’infos : www.viviers-beganton.com