C’était une première en France l’été dernier. Trois Coopératives jeunesse de services (CJS) ont vu le jour en Bretagne, à Quimper, Rennes et Quintin (22). L’idée vient du Québec où elle a fait florès depuis vingt-cinq ans. Elle consiste pour une dizaine de jeunes à réaliser des travaux estivaux dans leur environnement proche en s’appuyant sur une structure coopérative dont ils définissent ensemble le mode de fonctionnement et qu’ils gèrent collectivement.
A Quimper, l’expérience a séduit quatorze jeunes de 16 à 20 ans qui ont proposé en juillet-août leurs services à des tarifs très modiques dans des domaines variés : jardinage, baby-sitting, réparation d’ordinateur, pose de moquette… En six semaines d’activités, 1 600 € ont été versés au pot commun. Pas de quoi, individuellement, s’offrir un séjour chez nos cousins de la Belle Province. Mais bien assez, collectivement, pour emmagasiner une belle collection d’infos sur le fonctionnement d’une coopérative et partager une aventure humaine enrichissante entre associés d’un été.
La CJS était hébergée par la Coopérative d’activités et d’emploi Chrysalide. Elle a bénéficié de l’accompagnement de deux animateurs professionnels. Cette initiative, soutenue notamment par le Conseil général du Finistère et la Région Bretagne, a donné lieu à la création d’un comité local rassemblant des partenaires tels que Chrysalide, la Mission Locale du Pays de Cornouaille, l’Association pour le développement de l’économie sociale et solidaire… Ce modèle original d’apprentissage de la gestion entrepreneuriale collective sera reconduit l’an prochain au niveau régional. « Elle le sera à Quimper, mais, compte tenu de l’intérêt suscité à Brest et Carhaix, il est possible que nous comptions au moins trois CJS dans le Finistère en 2014 », affirme Franck Charruau, gérant de Chrysalide.
Les premiers retours d’expérience n’ont pas tardé. « Ils sont plutôt positifs. Au niveau des trois CJS bretonnes, nous avons toutefois distingué des points de vigilance qui avaient d’ailleurs été pointés du doigt par le délégué québécois », indique Franck Charruau. « D’abord, l’importance du rôle du comité local. Cette année, faute de temps, il n’était sans doute pas suffisamment étoffé. Il a fonctionné autour d’un noyau dur (Conseil général, DIRECCTE…). Nous souhaiterions notamment l’élargir aux chambres consulaires et aux réseaux d’entreprises. Ensuite, nous avons pu constater que deux animateurs pour appuyer le dispositif, ce n’était vraiment pas trop. Enfin, il nous faudra travailler sur les modalités de constitution du groupe de jeunes. L’an prochain, cette opération sera reconduite au niveau régional. Mais nous anticipons déjà sa généralisation à l’ensemble du territoire national en 2015 ».