L’association Danse à tous les étages, créée en 1997, s’est donnée pour mission de soutenir la danse contemporaine et de la rendre accessible à tous, « comme le gaz et l’électricité qui alimentent tous les étages d’un immeuble », commente Marianne Villiers, coordinatrice en Finistère. Depuis 10 ans, l’association mène le projet « Créatives » conjointement avec des structures d’accompagnement social et de formation professionnelle (CIDFF, Seb’action, CDAS, CCAS de Brest, Pôle emploi…).
Il permet à une quinzaine de femmes volontaires, en recherche d’emploi, de travailler les techniques artistiques de la danse contemporaine et du théâtre avec deux professionnels, pendant 3 mois. Les participantes sélectionnées suivent deux ateliers de danse de 3 heures par semaine, une rencontre mensuelle individuelle avec leur référent insertion pour élaborer leur projet professionnel et des sorties aux spectacles en partenariat avec le Quartz et le Mac Orlan.
À l’issue de ce parcours, elles se produisent sur scène pour présenter en public leur création chorégraphique. « Ces femmes « créatives » deviennent actrices du projet culturel, explique Marianne Villiers. En les replaçant dans une dynamique de mise en œuvre d’un projet, elles vont reprendre confiance en elles, reconstruire leur identité, revaloriser un corps oublié, retisser des liens sociaux avec les autres et rompre ainsi leur isolement. Étant avant tout une structure culturelle, nous ne cherchons pas à lever, de prime abord, les freins à la réinsertion socio-professionnelle de ces femmes, ce travail est effectué par nos partenaires sociaux qui les accompagnent. C’est par la pratique artistique, les contraintes liées à la présence aux ateliers, de nombreuses choses induites, que ces femmes vont prendre conscience des compétences dont elles recèlent et celles qu’elles doivent acquérir pour se réapproprier leur vie. » Ce cheminement ne s’opère pas pour toutes sans difficultés : abattement, pleurs, colère envers elle-même, jusqu’à l’arrêt du projet parfois. Mais pour celles qui suivent la démarche, « confiance et estime de soi sont recouvrées », d’après une étude menée fin 2010 par la sociologue Véronique Vasseur comparant la situation des participantes avant et après les ateliers. « Sur les 39 femmes interrogées, quatre ont créé leur société suite au projet et un peu moins de la moitié ont désormais un emploi », expose la sociologue. « Ces femmes affirment avoir retrouvé de l’énergie pour entreprendre et s’être suffisamment reconstruites pour affronter la recherche d’emploi. Elles ont réussi à prouver aux autres et à elle-même qu’elles étaient capables d’accomplir quelque chose. » Les paroles de ces femmes sont éloquentes : « Je me suis sentie pousser des ailes ; Je suis mieux en société, plus intégrée ; Mon corps revit ! » Nombreuses sont celles qui ont décidé de suivre une formation, de reprendre leurs études, de continuer activement leurs recherches d’emploi et de poursuivre la pratique artistique !

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