Interview de Michaël Quernez, Vice-président du Conseil général chargé de l’insertion et de l’économie

Michaël Quernez

Michaël Quernez
Vice-président du Conseil général du Finistère chargé de l’insertion et de l’économie

Quelles sont les conséquences de la dégradation de l’emploi sur la gestion du Rsa ?
Le Rsa constitue le dernier filet de sécurité, l’ultime rempart contre la grande précarité. Les allocataires ont déjà connu le chômage de longue durée. Depuis un an, ils sont un millier de plus dans le Finistère, ce qui a un impact d’environ 9 millions d’euros supplémentaires sur le budget du Département. Nous mobilisons et renforçons l’ensemble de nos projets en lien avec nos partenaires. Mais ce constat ne doit pas occulter le fait qu’il existe dans notre département, y compris dans l’agroalimentaire, des entreprises qui recrutent, investissent, innovent et exportent.

En quoi insertion et développement économique sont-ils indissociables ?
Lorsque nous examinons les pojets liés au développement économique, nous le faisons systématiquement en ayant à l’esprit l’impératif de l’insertion par l’activité professionnelle. Les allocataires du Rsa sont employables, sous certaines conditions. C’est sur ces freins à l’emploi (santé, mobilité, logement, mesures d’accompagnement spécifiques…), que le Conseil général travaille. Il existe une multiplicité d’intervenants dans le domaine de l’insertion par l’activité économique qui favorisent le retour à l’emploi ou qualifie les personnes. Tout se joue au cœur des bassins d’emploi. L’insertion passe par une économie de proximité. Quand vous commencez à lever les freins — alors que la mobilité est essentielle — vous ne demandez pas à quelqu’un de parcourir chaque jour une centaine de kilomètres pour s’insérer professionnellement.

Quels sont vos points de vigilance ?
Je suis particulièrement attaché à la solidité de nos partenaires et j’ai demandé à ce que cette problématique constitue l’un des enjeux prioritaires du Pacte territorial d’insertion. Parce que certaines structures dont la raison d’être est d’insérer professionnellement les personnes en très grande difficulté se trouvent elles-mêmes dans une situation de grande fragilité. C’est pourquoi, j’ai souhaité que nous puissions disposer d’une vision précise sur les facteurs (juridiques, financiers, organisationnels…) susceptibles de fragiliser les structures d’insertion qui participent à une économie solidaire. Nous sommes également très attentifs aux négociations en cours concernant le Fonds social européen (FSE*), qui a pour vocation de distribuer les crédits européens sur les territoires afin de renforcer les politiques de cohésion sociale, pour la période 2014-2020. Depuis 2007, le Conseil général du Finistère pilote en tant qu’organisme intermédiaire une partie des subventions du FSE liées à l’axe « Cohésion et inclusion sociale, lutte contre les exclusions » du programme « Compétitivité régionale et emploi », pour un montant de près de 10 millions d’euros. Ces fonds nous sont absolument indispensables pour poursuivre des politiques d’insertion véritablement à la hauteur des enjeux.

*Le FSE intervient aussi en cofinancement des équipes emploi,
dans le développement des clauses d’insertion dans les marchés publics, dans les chantiers d’insertion.