Germicopa : le pygmalion des patates

Sélection variétale chez Germicopa

La société quimpéroise appartient au Top 5 européen des créateurs de variétés de pomme de terre. Elle a enfanté des stars comme Charlotte ou sa « fille », princesse Amandine.

Il faut deux décennies pour créer une nouvelle variété de pomme de terre : 10 années de recherches et 10 autres de développement, marketing et communication. Dans ce façonnage complexe et exigeant, Germicopa excelle. L’entreprise, qui puise ses racines dans le mouvement coopératif breton, a pour vocation de créer des variétés innovantes et performantes et de les commercialiser dans le monde entier.
Présente dans une trentaine de pays, forte de 70 salariés (dont 11 à la station de recherche de Châteauneuf-du-Faou), la société (40 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2012) consacre en moyenne 2M€ par an à la R&D. Chacune de ses filles prodiges aux noms si doux (Charlotte, Amandine, Chérie…) est le fruit d’un processus de sélection où chaque variable est pesée au trébuchet. Tout part des attentes exprimées, ou non encore formalisées, par les marchés. Le spectre est large puisque la pomme de terre représente la quatrième culture mondiale après le blé, le riz et le maïs.
« Nous vendons 70 000 tonnes de semences par an à notre réseau de 250 producteurs (deux tiers en Bretagne, un tiers dans le Nord de la France) », précise Eric Bargy, PDG de Germicopa. « 35 variétés sont issues des recherches menées à Châteauneuf-du-Faou ». L’entreprise coopère avec la station de l’Institut National de la Recherche Agronomique (INRA) implantée à Ploudaniel, tout comme le font les trois autres créateurs français (Bretagne Plants, Comité Nord, Groupement du Centre et du Sud).
Tandis qu’Amandine, fille de Charlotte, se porte comme un charme, d’autres personnages craquants sont venus enrichir le casting familial. C’est le cas de Daisy, imaginée pour répondre aux besoins des marchés à fort potentiel (chips et frites surgelées…). Comme ses soeurs aînées, Daisy est l’une des méritoires survivantes d’une interminable course par élimination où l’on sélectionne d’abord les familles, puis les « individus » en fonction de multiples critères. Certains diffèrent selon les marchés ciblés. D’autres sont constants : résistance aux maladies, aspect, valeurs gustatives, prise en compte des impératifs environnementaux… Sur 35 000 graines semées chaque année, seule une poignée passe à la postérité… Bon appétit durable…

Plus d’infos : www.germicopa.com