Désir d’avenir par Albert Billon

Albert Billon

Albert Billon
Éditorialiste

L’innovation est en quelque sorte une obligation. Ou plus exactement une nécessité. Parce que nous sommes un pays riche sans cesse obligé de garder ses « longueurs d’avance » dans une compétition mondiale de plus en plus exacerbée, devenue impitoyable. Parce que créatrice d’emplois nouveaux. Parce que la valeur ajoutée à la base de notre système de redistribution prend sa source dans nos politiques de « Recherche et Développement ». Parce que sans nouveaux produits, peu de nouveaux marchés… Bref, sans innovation, pas de croissance. Sans création de nouvelles richesses, peu de chances de pouvoir garder notre modèle économique fondé sur une protection sociale du plus grand nombre (santé, retraite, pouvoir d’achat….).

Pour autant, l’innovation n’est pas que technologique. Elle peut – et doit – aussi être sociale, au service du mieux vivre ensemble. De nombreux exemples témoignent de notre capacité à produire de l’intelligence collective et de nouvelles organisations, au service de nos concitoyens : groupements d’employeurs, crèches interentreprises, systèmes d’échanges de savoirs, habitat collectif, etc… Il suffit de regarder autour de nous pour se rendre compte de notre « génie » social.

Comme « tout commence en Finistère », nous allons dans les prochains jours, expérimenter un nouveau dispositif baptisé « Garantie Jeune », innovant à plus d’un titre. Plutôt que de se donner comme objectif, l’accès à un emploi durable, dans une logique adéquationniste faisant coïncider offre et demande d’emploi, nous allons viser l’autonomie du jeune. A partir d’une allocation financière de base minimale – 492 € – cumulable avec des ressources d’activités dans la limite du SMIC, le jeune sera « dégagé » de ses problèmes de subsistance, pour s’attaquer à la construction de son avenir professionnel. Pour ce faire, il bénéficiera d’un accompagnement intensif – à temps plein – d’un conseiller de la Mission Locale. En plus de lever tous les freins à son insertion durable (logement, mobilité, savoirs de base….), il travaillera à se constituer un socle d’expériences professionnelles capables de lui ouvrir le monde de l’entreprise, de l’emploi et la reconnaissance de ses qualités, notamment d’adaptation. Ainsi faisant, nous parions sur sa capacité à saisir toutes les opportunités, toutes les mains tendues, dans une logique d’intégration sans prérequis. On bouscule les CV, les diplômes acquis ou les erreurs de parcours, pour mettre le jeune au coeur de son devenir, acteur et responsable.

Deux conditions resteront à réunir : l’envie du jeune et sa capacité à agir et l’acceptation du monde de l’entreprise à l’accueillir en son sein, comme un ami à qui l’on donne toute l’attention qu’il mérite. La « Garantie Jeune », en s’adressant à 1 000 jeunes Finistériens, nous donne l’occasion d’éprouver le fameux proverbe chinois, qui pour le coup sera bigouden : « Si tu donnes un poisson à un homme, il mangera un jour. Si tu lui apprends à pêcher, il mangera toujours ».

N’est-il pas ?