L’innovation en Finistère, c’est bien-sûr l’inauguration spectaculaire de l’usine Bolloré à Ergué-Gabéric. Mais c’est aussi l’action plus discrète mais tout aussi efficace de collectivités qui parviennent à s’accorder pour mettre en œuvre des solutions exemplaires. Nous avons choisi d’ouvrir ce dossier par un zoom sur le nouveau centre de tri des emballages ménagers du Nord-Finistère de Plouédern*.

Photos de Dominique Leroux / Sotraval

TriGlaz a été mis en exploitation le 2 septembre dernier, un an après le premier coup de pelle. C’est l’entreprise publique locale Sotraval (Société de traitement et de valorisation des déchets) qui a investi dans ce nouvel outil industriel et en assure l’exploitation pour le compte des collectivités locales. Cet équipement a été dimensionné pour valoriser les emballages ménagers de l’ensemble de la collecte sélective du Nord-Finistère (30 000 tonnes à terme). « Sur le plan technologique, l’innovation réside dans le mariage entre tri optique et tri manuel qui permet d’accentuer la productivité, qui va être doublée », explique Jean-Luc Polard, président de Sotraval. « L’innovation s’exprime aussi à travers l’ergonomie des postes de travail visant à atténuer les risques de troubles musculo-squelettiques. Elle apparaît également dans le fait que dix communautés de commune du nord du département, représentant près de 500 000 habitants, se sont mises d’accord pour réaliser ce centre afin d’y apporter leurs gisements. Elle se caractérise enfin par un gain économique remarquable puisque pour beaucoup d’intercommunalités cela va représenter la moitié du coût antérieur. Le bénéfice annuel pour l’ensemble des communautés de communes sera de l’ordre d’1 million d’euros ». « Les salariés en insertion représentent le quart de l’effectif, cela grâce aux relations que nous avons souhaité maintenir avec l’entreprise d’insertion Tribord », poursuit Jean-Luc Polard. TriGlaz offre par ailleurs une véritable plus-value pédagogique. «  L’architecte a intégré dès l’origine dans la conception du bâtiment un sens de visite qui permettra au public, et particulièrement aux jeunes, de prendre conscience des exigences fortes en termes de qualité de tri et des incidences qu’ont les gestes d’achat sur l’organisation du traitement et la valorisation des déchets ».

* Coût global du projet : 12 millions d’euros.
Subventions : Ademe (2,5 M€) et Conseil général du Finistère : 600 000€.
Plus d’infos : www.sotraval.fr