A 31 ans, Julien Le Brun a déjà acquis trois chalutiers côtiers de 15 mètres et emploie 12 marins-pêcheurs. Son discours est tonifiant.

Natif de Plobannalec-Lesconil, petitfils, fils et frère de marin, Julien Le Brun ne pouvait pas échapper à son destin. « J’ai débuté comme mousse à 14 ans sur des côtiers », se souvient-il. « J’ai eu la chance d’avoir des patrons attachés à transmettre leur savoir. Après un BEP pêche, j’ai commencé dans la vie active à 17 ans et demi ».
Là, tout s’accélère. Julien commande son premier bateau l’année de ses 20 ans, puis, à l’âge de 22 ans, rachète « Les Caraïbes », un côtier-langoustinier du Guilvinec, avec 10% d’apport personnel. En 2010, il acquiert « Les Antilles ». Troisième étape de la montée en puissance : la commande d’un bateau neuf, « Le Lagon » (900 000€ prêt à pêcher), chalutier côtier polyvalent (bois) construit par le chantier Hénaff du Guilvinec, mis à flot le 31 janvier 2013, sister-ship du « Besame » appartenant à son associé, Pierrick Berrou, avec lequel il partage les droits du PME (permis de mise en exploitation).
« Cela fait quinze ans que je suis dans le métier et j’entends dire constamment que l’année prochaine, ce sera fini ! Mais en travaillant différemment, on y arrive ! », affirme Julien Le Brun. « Un marin doit aussi bien savoir gérer sa boutique. On consomme moins de gazole. Avec l’expérience, on connaît mieux les zones de pêches. Mieux vaut pêcher moins et assurer la rentabilité. Chaque année en moyenne, nos bateaux sont en mer 250 jours et les marins 150 jours. Le gros problème, c’est le recrutement. C’est ce qui risque à terme de tuer la pêche. Au lycée maritime du Guilvinec, seuls 10% des élèves choisissent notre activité. On a l’impression qu’une marée de 15 jours s’assimile à Alcatraz ! Alors qu’il y a quand même de bons salaires : deux fois et demie le Smic en moyenne. Nous recrutons par bouche-àoreille. Je mets du temps à les trouver mais j’ai de bons gars âgés de 20 à 52 ans. Tout le monde voit bien que la pêche diminue et chacun veut sa part du gâteau. Il faut être costaud pour investir. Acheter un bateau, c’est devenu le parcours du combattant ». Raison de plus pour faire preuve d’audace…