Bruno Claquin, transmettre le savoir-faire

Bruno Claquin

Bruno Claquin pêche en baie de Douarnenez depuis une dizaine d’années, après vingt-quatre ans passés au large. Son fils est prêt à prendre la relève.

La pêche, « c’est un métier d’avenir, bien sûr ! On mangera toujours du poisson frais, sauvage et de qualité ! » Bruno Claquin est marin-pêcheur depuis l’âge de 16 ans. Il en a aujourd’hui près de 50. Il a embarqué à la pêche au large, durant vingt-quatre ans, comme mousse, matelot, bosco, lieutenant puis patron. Depuis une dizaine d’années, il pêche au filet dans la baie de Douarnenez. « Un jour, j’en ai eu ras le bol de partir 15 jours. J’avais fait mon temps ». Il a tout de même transmis la passion du métier à son fils Mathieu qui prépare un bac pro au lycée maritime du Guilvinec. « En octobre dernier, il a fait une marée de 15 jours à bord d’un chalutier. L’expérience lui a plu ». La relève est assurée. « Il faut encourager les jeunes à venir à la pêche. C’est la liberté. On y travaille dur, mais comme beaucoup d’autres métiers. Les salaires sont intéressants », assure Bruno Claquin. Sa journée à bord de son neuf mètres Saint-Anne II débute vers 3 heures du matin et se termine à 12 heures, parfois à 18 heures. « Ça n’est pas plus reposant que la pêche au large, mais je suis à la maison tous les soirs. » Il ramène dans ses filets, lieus, lottes, soles, rougets… qu’il vend sous criée ainsi qu’aux Halles de Douarnenez. Son épouse y tient un étal quatre matinées par semaine. « Cela nous permet de mieux valoriser des espèces dont les cours sont très bas à la criée. Le tacaud y part à 1 euro le kilo quand nous le vendons 4 euros au marché. Si nous n’avions pas cette activité de vente directe, il faudrait que je pêche plus pour m’en sortir. » Bruno Claquin espère transmette un jour le Saint-Anne II à son fils ou à un autre jeune. Il a acheté son premier fileyeur côtier en 2005 à un ancien de Douarnenez. Bruno lui rend hommage : « Il m’a aussi transmis tout son savoir-faire. Je ne connaissais pas la baie de Douarnenez. Je ne pêchais qu’en sud-Irlande. Il m’a donné tous ses cahiers de pêche, est venu avec moi les premiers mois pour me montrer ou mettre les filets à soles…. Ce qu’il a fait n’a pas de prix. Il y a malheureusement trop de pêcheurs qui ont cessé leur activité sans transmettre. » Bruno Claquin est très actif dans le milieu maritime. Il préside la SNSM de Douarnenez ainsi que la Fédération maritime de la baie de Douarnenez : www.baie-de-douarnenez.fr