André Le Gall pêche la coquille dans la rade de Brest et en mer d’Iroise depuis une trentaine d’années. Il préside l’écloserie du Tinduff.

Quand André Le Gall s’est installé au début des années 80, 28 bateaux s’amarraient au port du Tinduff à Plougastel- Daoulas. Il n’y en a plus que trois aujourd’hui. Il était à l’époque le plus jeune des patrons pêcheurs. Il l’est toujours aujourd’hui. Mais est le seul à ne pas avoir l’âge de la retraite… « Les plans de casse successifs ont fait disparaître tous les bateaux anciens qui pouvaient permettre à des jeunes de démarrer une activité ». Son bateau de 10 mètres a 40 ans. Ils sont soixante comme lui à pêcher la coquille en Rade de Brest. Ils ramènent chaque année 450 tonnes de Saint- Jacques, 200 tonnes de praires et 40 tonnes de pétoncle. Cette activité n’est encore possible que grâce à la vigilance des pêcheurs qui au début des années 80 ont créé une écloserie afin de réensemencer la rade de Brest en naissain de coquilles Saint-Jacques. « La pêcherie était tombée à moins de 50 tonnes par an. Les pêcheurs ont pris conscience qu’il fallait faire quelque chose pour assurer la préservation et le renouvellement de la ressource », explique-t-il. Chaque année, la coopérative qu’il préside produit 10 millions de naissains. 3 millions sont achetés par les pêcheurs (chacun d’entre eux paie 3 000 euros de cotisation) qui réensemencent la rade. « Les zones non ensemencées ne donnent pas de bons résultats. » Les pêcheurs de Quiberon, La Rochelle, Saint Brieuc, Granville, se fournissent également en naissain au Tinduff.