Seules 4 des 37 criées françaises sont dirigées par une femme. Rencontre avec Françoise Peigné, responsable du site de Saint-Guénolé – Penmarc’h.

La criée de Saint-Guénolé – Penmarc’h emploie 21 permanents. Elle compte 70 acheteurs agréés, parmi lesquels 58 mareyeurs, dont 9 locaux. En 2012, 13 500 tonnes ont été débarquées (ventes hors criée comprises) pour une valeur de 26,5 millions d’euros. Les principales espèces débarquées en 2012 ont été la sardine (6 060 tonnes), la baudroie (975 t) et l’églefin (875 t). En valeur, le palmarès est modifié puisque la baudroie (lotte) devance la sardine (4,8 M€ contre 4,2 M€ l’an dernier) tandis qu’en termes de prix moyens, la langoustine sud (10,83€) et nord (8,07€) pêchées en bien plus faibles quantités (moins de 100 tonnes annuelles pour la langoustine sud) surfent sur des cours nettement plus élevés que ceux de la baudroie (4,94€) ou de la sardine (0,69€). On l’aura compris, la pêche brille à Saint-Guénolé- Penmarc’h par l’extrême variété de ses apports. Il suffit pour s’en convaincre d’observer la composition de la flottille : 14 chalutiers hauturiers de 20 à 23 m, 14 chalutiers côtiers de 10 à 17m, 2 gros fileyeurs de 16 à 22 m, 12 bolincheurs de 14 à 16 m ainsi que 20 ligneurs, fileyeurs, palangriers et caseyeurs de 6 à 13 m. Le matin, les apports de la pêche hauturière (à 6h) et de la bolinche (7h) sont vendus sur catalogue en salle informatisée (60 postes d’achat). Dans l’aprèsmidi, à des horaires plus variables (entre 15h30 et 16h45) vient le tour de la pêche côtière.

« La vente à distance s’est considérablement développée depuis 2009. Elle représente aujourd’hui 40 à 50% des ventes », précise Françoise Peigné, responsable de la criée, qui travaille ici depuis 1976. « L’activité du port est si diverse qu’il faut être polyvalent », expliquet- elle. Les satisfactions ne manquent pas. « Les tonnages sont tout à fait corrects en ce début d’année, avec notamment de belles pêches hauturières », constate la responsable. Quid de l’avenir de ce port emblématique ? « Tout est conditionné par le nombre de bateaux. Il faut que la flottille demeure à son niveau actuel ». Un challenge probablement difficile à relever alors que le quartier maritime du Guilvinec s’apprête à voir une quarantaine de patrons-pêcheurs mettre sac à terre dans les prochaines années. Quoiqu’il advienne, il faudra bien trouver des solutions pérennes afin de maintenir les apports sous criée. « Mon métier consiste à s’impliquer et toujours se remettre en question », conclut Françoise Peigné. « C’est un défi ! Il faut le prendre comme ça ! »