Leclerc Pont-l’Abbé achète en moyenne 150 tonnes sous criées par an, de préférence dans les ports bigoudens.

Le centre Leclerc de Pont-l’Abbé (hypermarché, jardinerie, parapharmacie) emploie 225 salariés, 130 de plus qu’en 1995, l’année de l’arrivée de Patrick Bellec, fils d’agriculteurs nord-finistériens, en Pays Bigouden. « Notre objectif était de créer un facteur de différenciation en développant un rayon poissonnerie constituant un porte-drapeau et un fer de lance des spécificités locales », explique l’adhérent propriétaire.

La partition étant écrite, restait à désigner le chef d’orchestre. « J’ai compris que Patrice Le Calvez, le chef de rayon, serait l’homme de la situation quand il m’a déclaré avec des étoiles dans les yeux : ‘’Je rêve d’aller acheter en criée’’. Nous avons été la première grande surface à demander… et obtenir un tel agrément (au titre du Leclerc Pont-l’Abbé et non de la centrale d’achat). Nous avons respecté les usages de la filière et ses acteurs. Le milieu nous a acceptés parce que nous avons fait la démarche de nous y intégrer ». Avec humilité et humour, comme en témoigne cette anecdote: « Je suis arrivé une fois à Saint-Guénolé avec des bottes vertes et non pas blanches comme il se doit. Cela ne s’est plus jamais reproduit… ».

Le centre Leclerc de Pont-l’Abbé achète environ 150 tonnes sous criées chaque année, le plus possible au Guilvinec, à Saint- Guénolé/Penmarc’h et à Loctudy*. Le rayon connaît un essor continu. « Nous recrutons en moyenne une personne par an (10 actuellement) et venons d’acquérir un camion de 19 tonnes », indique Patrick Bellec. « Il est hors de question d’assister à l’enterrement d’une filière. Nous souhaitons au contraire la dynamiser. Tout le monde se replie, nous on attaque parce que les châteaux- forts finissent toujours par tomber. L’avenir de la pêche ne se joue pas uniquement sur les quais. La rationalisation de la logistique constitue aussi un facteur clé de réussite. Les temps de transports sont toujours trop longs. Ce n’est pas le moment de perdre du temps au départ des ports bigoudens ! »

* La règle est celle du « tout sauf… ». Crevettes, saumons et dos de cabillaud sont importés.