Entreprises voisines et solidaires sur le terre-plein du port du Guilvinec, l’Armement Bigouden et le chantier Glehen se battent avec opiniâtreté pour le maintien de l’activité pêche en Cornouaille.

Le dernier né de l’Armement Bigouden, le Bara ar vicher, chalutier de 24,90m mis à flot en février 2012, a été construit à Douarnenez par le chantier naval Glehen. Un exemple parmi tant d’autres de la volonté farouche de faire vivre la pêche que partagent les deux entreprises. L’Armement Bigouden est, avec La Houle à Saint-Guénolé-Penmarc’h, l’un des acteurs emblématiques de la filière en Cornouaille : 11,5 millions d’euros de chiffre d’affaires, 3 500 tonnes pêchées, une centaine de salariés dont 80 marins, 11 chalutiers hauturiers. « L’objectif initial était de réguler les apports au Guilvinec », rappelle la dirigeante, Soazig Le Gall-Palmer. Cette ambition collective se reflète aujourd’hui encore dans la composition du capital. « Aux côtés de ma famille, qui détient une part majoritaire, sont présents des mareyeurs, des fournisseurs, des petits actionnaires », souligne-t-elle. Tous se sont serrés les coudes dans les années 70. « L’armement a construit sa solidité sur le renouvellement continu de sa flottille. Nous faisons en sorte de disposer d’outils performants. Notre principal souci est de maintenir l’activité économique et non d’engranger des dividendes. Un hauturier de 25m représente un investissement d’environ 3 M€. Il se rentabilise grâce à l’humain. Les conditions d’exploitation étant ce qu’elles sont, on ne peut compter que sur l’excellence pour s’en sortir ! ».

C’est aussi le cas d’Yves Glehen, patron du chantier Glehen Pierre et Fils créé en 1911, qui emploie une soixantaine de salariés sur trois sites (Le Guilvinec, Douarnenez et Loctudy) et a dû se diversifier depuis quelques années dans les bateaux à passagers et de servitude. « Nous avons construit la totalité des bateaux neufs de l’Armement Bigouden ainsi qu’une grande partie de la flottille bigoudène », affirme Yves Glehen. « Cette flottille que l’on a construite dans les années 80/90 maintient les tonnages de poissons sous criée. Les bateaux d’occasion ne permettent plus aux jeunes de mettre de l’argent de côté parce qu’ils s’exposent à travailler pour payer leur entretien. Il y a urgence car la mondialisation des marchés des produits de la mer tire vers le bas les prix du poisson sous les criées françaises. Il manque 50 centimes d’euro pour équilibrer. C’est une montagne incontournable ! ». Un petit coin de ciel bleu dans ce sombre tableau ? Oui ! « Ce qu’accomplit Hent Ar Bugale à Loctudy est louable et vertueux. Chapeau ! ».

Plus d’infos : www.chantier-glehen.com