Pour un nouveau contrat social par Albert Billon

Albert Billon, animateur territorial

Le Contrat de Génération voulu par le Président de la République, devrait permettre l’embauche de jeunes, notamment en CDI, tout en maintenant en emploi, des salariés plus expérimentés, âgés de plus de 57 ans, voire de plus de 55 ans. L’intégration durable des jeunes dans nos entreprises, le maintien en emploi des seniors ou la transmission des savoirs et des compétences, posent incontestablement des enjeux majeurs en matière de dialogue social, de compétitivité ou encore de regard sur les âges en entreprise. Il en est de même des contrats en alternance qui, au-delà de la question de l’emploi ou de la formation des jeunes, pose bien la capacité que nous avons collectivement à accueillir, former et accompagner notre jeunesse et d’autre part, à faire de l’entreprise, un espace de formation et d’inclusion, au-delà même de sa fonction première de production ou de service.

Le Contrat de Génération concernera toutes les entreprises de droit privé et sa mise en oeuvre se fera en fonction de la taille des entreprises. Il est évident que pour les services de l’Etat – et la DIRECCTE en particulier – cette mesure représente un levier potentiellement important, à la fois dans la lutte contre le chômage des jeunes et celui des seniors, mais également dans le registre du dialogue avec les entreprises de nos territoires : conditions de travail – réduction des pénibilités – image des métiers – renouvellement et transmission des compétences. Autant de questions au coeur de nos missions : développement économique – droit du travail – création d’emplois – cohésion sociale…
Il en va de même avec les Emplois d’Avenir, aidés à hauteur de 75% dans le secteur non marchand. La solidarité nationale met au travail des jeunes sans qualification… L’ambition de qualifier ces jeunes, de leur donner accès à un vrai travail, de leur donner une place dans notre organisation sociale, n’est ni un leurre ni une médiocre opération de déstockage. C’est un outil de relance de notre économie et un gage de notre capacité collective à relever les défis de l’exclusion.

Si l’Europe s’avère incapable de nous proposer des dispositifs de relance économique, par des politiques de grands travaux ou du soutien à l’investissement et à l’innovation, par des politiques de protection de nos marchés ou encore par des barrières aux importations sauvages, non respectueuses de nos lois sociales et/ou environnementales, il nous faut bien alors compter sur nos seules forces et la redéfinition d’un pacte social, constitué par une relance par l’emploi dont une partie du coût est pris en charge par la collectivité publique. Aide aux postes, subventions, primes, réductions des charges sociales – quel que soit l’appellation, cela participe à baisser le coût du travail – la création d’emplois aidés pour les jeunes et le maintien en emploi des seniors permettent de soutenir l’économie par la consommation : je travaille donc je consomme – j’achète donc nous produisons – je vends donc j’embauche…. Même si ce modèle keynésien vertueux est souvent critiqué, il reste préférable à l’attente béate d’une relance européenne qui ne vient pas et se fait attendre. « En attendant Godot », mieux vaut des gens qui travaillent,

N’est-il pas ?