Une priorité : l’emploi

Filet bleu

L’objectif de ce dossier est d’aller à la rencontre des nombreux acteurs finistériens – entreprises, salariés, services de l’Etat… – qui s’engagent et s’investissent dans une véritable « contre-attaque » face à la crise qui depuis 2008, mais peut-être encore plus fortement aujourd’hui, remet en question notre paysage socio-économique. Plutôt que de s’en tenir aux solutions de « facilité » que pourraient constituer le pessimiste ou l’aigreur, nous avons préféré mettre en lumière les nombreuses entreprises du département qui par leurs initiatives audacieuses et courageuses (investissement, innovation, développement à l’export, méthode de recrutement avant-gardiste…) permettent au Finistère de demeurer un exemple en France par sa capacité à s’accorder, toutes tendances et toutes opinions confondues, pour maintenir et développer l’emploi.


Le Finistère avait plutôt bien résisté à la crise de 2008, du fait notamment de la qualité de son tissu PME. Depuis le printemps 2011, la situation est plus difficile. L’amélioration du marché du travail, amorcée début 2011, ne s’est pas confirmée. La hausse du chômage s’explique essentiellement par la chute brutale des offres d’emploi. Ainsi, 2 695 offres d’emploi ont été collectées par Pôle Emploi (20 à 25% du marché) en septembre 2012, soit une baisse de 34% sur un an. Si l’agroalimentaire finistérien semble mieux résister, plusieurs dossiers sont porteurs de grandes difficultés : restructuration en cours chez Doux et liquidation du Pôle Frais, inquiétudes sur la filière abattage et transformation des viandes (porcs et bovins) du fait de la hausse des matières premières et des coûts de transports, de la stagnation des prix à la GMS (grandes et moyennes surfaces) et de la baisse des marges. A cela s’ajoutent de fortes tensions dans le secteur du BTP, la liquidation de nombreuses PME/TPE, la chute de l’intérim, des carnets de commande en forte baisse et une saison touristique morose.

Malgré cette conjoncture dégradée, le Finistère dans toutes ses composantes se refuse à céder à la sinistrose ou au fatalisme. « Certains considèrent que nous nous trouvons à la périphérie de l’Europe. Cela peut sembler exact si l’on s’en tient strictement à la géographie. Mais en réalité, nous sommes au contraire au coeur des valeurs de l’Europe, de par notre identité culturelle fondée sur l’ouverture au monde et la priorité accordée à l’humain, ce qui explique notre faculté à travailler en réseau », souligne un chef d’entreprise finistérien. Grâce à cela, dans ce contexte de crise durable, des entreprises et des territoires finistériens se développent. Des emplois se créent. Services de l’Etat, collectivités, organismes consulaires (CCI, Chambre de métiers et de l’artisanat…), organisations professionnelles soutiennent cette dynamique.

CHIFFRES CLÉS : Situation de l’emploi dans le Finistère
8,9% de la population active, c’est le taux de chômage dans le Finistère fin juin 2012. Il se situe au-dessus du taux régional (8,6%) mais en deçà du niveau national (9,7%).
8,1% de taux de chômage en Finistère au 2ème trimestre 2011, 8,3% au 3e trimestre, 8,5% au 4e trimestre, 8,7% au 1er trimestre 2012, 8,9% au 2e trimestre 2012, telle est la tendance actuelle.
40 231 demandeurs d’emploi (catégorie A*) dans le Finistère fin octobre 2012 (+14,7% sur un an au lieu de +10,5% pour l’ensemble de la France métropolitaine), parmi lesquels 18,6% de jeunes ; 48,1% de femmes ; 32,3% de personnes en chômage de longue durée (plus d’un an) ; 21,3% de seniors (plus de 50 ans).
61 180 demandeurs d’emploi sont inscrits en catégories A, B et C*. Sur un mois, ce nombre augmente de 1,2%, soit une hausse inférieure à la moyenne bretonne (+1,6%). En un an, cet effectif s’accroît de 13,4%.
7 473 jeunes de moins de 25 ans demandeurs d’emploi en Finistère fin octobre 2012. L’évolution annuelle est de +16,9% en Finistère +17,2% en Bretagne et +11,1% en France métropolitaine.
19 348 femmes (+11,8% en évolution annuelle pour +13,1% en Bretagne et +8,8% en France métropolitaine).
8 574 seniors (+19,1% sur un an en Finistère, +20,1% en Bretagne,+17,4% en France métropolitaine).
23 429 chômeurs de longue durée (catégories ABC*). L’évolution annuelle est de +13,8% dans le Finistère, +15,7% en Bretagne, +11,2% en France métropolitaine.
* Catégorie A : demandeurs d’emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, sans emploi ; Catégorie B : demandeurs d’emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, ayant exercé une activité réduite courte (78 heures ou moins au cours du mois) ; Catégorie C : demandeurs d’emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, ayant exercé une activité réduite longue
(plus de 78 heures au cours du mois).
CHIFFRES CLÉS : Emploi et main d’oeuvre dans les industries agroalimentaires en Bretagne*
Environ 60 000 emplois dans les industries agroalimentaires bretonnes (plus de 12 % des emplois hexagonaux).
Plus de 900 établissements. Sept sur dix ont moins de 50 salariés mais ils ne représentent que 14% des effectifs. Le poids des grands établissements (plus de 500 salariés) est plus important en Bretagne qu’au niveau national.
42% de la main d’oeuvre permanente est féminine. Parmi les moins de 40 ans, les femmes représentent 32% des ingénieurs et cadres
techniques de l’industrie et 37% des techniciens et agents de maîtrise des industries de process.
Plus de 6 200 contrats saisonniers.
*Chiffres 2008. Sources : DIRECCTE Bretagne (Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi), Unité territoriale du Finistère ; dossier « Emploi et main d’oeuvre dans les industries agroalimentaires en Bretagne paru dans le n°55 de la revue « Octant » publiée par l’INSEE Bretagne (Institut national de la statistique et des études économiques).