En termes de répartition de compétences, les politiques d’insertion relèvent du Conseil Général alors que les politiques de l’emploi restent placées sous l’autorité de l’Etat. Quand on parle de développement économique des territoires ou de formation, le chef de file est le Conseil Régional. Tous les professionnels de la profession savent que tout est dans tout. Et inversement. Par chance, en Finistère, ces 3 institutions majeures travaillent de concert et partagent leurs approches, leurs analyses et leurs moyens. Dans une logique de respect mutuel, d’efficience et d’efficacité de nos politiques publiques. C’est peut-être une des explications à la bonne qualité de l’offre d’insertion finistérienne.

La richesse du tissu associatif qui a su se mobiliser, pour offrir aux personnes les plus en difficultés, des supports de travail plutôt « intelligents » et bien pensés, participe également de cette efficacité. Nous savons aujourd’hui que la remobilisation, la formation ou l’accompagnement des « accidentés de la vie » passe nécessairement par des outils pédagogiques adaptés au réapprentissage des contraintes du travail, de l’effort ou de la persévérance. Plus que d’apprendre un métier, il faut d’abord réapprendre à travailler, re-goûter aux plaisirs du faire et du bien faire.

Nous savons également qu’un réel accompagnement des personnes est déterminant dans leur mise en mouvement et le retour à un emploi durable. Rien n’est pire et discriminant que l’isolement. Accompagner, porter, suivre, soutenir, guider, tuteurer, sont tout à la fois, les verbes de la réussite et de la solidarité active. Ce n’est ni de l’assistanat, ni de la charité. C’est la recherche d’une performance collective, économique et sociale. Ce que l’on demande clairement aux structures d’insertion, par la professionnalisation de leur accompagnement, c’est bien de mettre les personnes en mouvement, en dynamique, dans une recherche de solutions adaptées à leurs capacités.

Si ces 3 conditions sont bon an mal an réunies, il nous reste une 4e beaucoup plus difficile à mobiliser : transformer le travail – qui en soi ne manque pas – en emplois pérennes et rémunérés à un « juste prix ». Dans une économie marchande de plus en plus mondialisée et concurrentielle où la recherche du prix le plus bas prend le pas sur sa « valeur » réelle, le coût du travail devient un frein à sa transformation en emploi durable. Dans une économie faisant bonne place aux missions de service public – services aux personnes et aux entreprises – le « payeur » est avant tout le contribuable qui redistribue une partie de ses revenus – issus de son travail – pour le financement des services offerts. Evidemment, toute la question réside dans notre capacité collective à redistribuer les richesses produites. Sachant qu’un demandeur d’emploi coûte, en moyenne par an (coûts directs et indirects), entre 12 000 € et 23 000 € ; qu’une personne rémunérée au SMIC environ 20 000 €, il me semble que notre modèle économique et de protection sociale pourrait supporter une vraie et profonde réforme financière et fiscale.

N’est-il pas ?