Le panier de la mer cultive la solidarité

Chantier d'insertion du panier de la mer

Valoriser les poissons invendus des criées pour l’aide alimentaire au sein d’un chantier d’insertion… L’idée est née en Finistère en 1997.

« Le poisson est l’une des denrées qui manque le plus dans l’aide alimentaire. L’ idée des fondateurs (Jean Larzul de la conserverie éponyme et Emile Guéguen du comité de bassin d’emploi) était de le rendre accessible aux familles les plus démunies tout en permettant à des salariés éloignés de l’emploi de se former aux métiers du mareyage », explique Hélène Rochet, directrice de la fédération nationale Le Panier de la Mer (Plonéour-Lanvern). C’est dans un atelier de mareyage installé sur les quais de Saint-Guénolé-Penmarc’h que les 8 salariés en insertion du Panier de la mer transforment tous les jours le poisson en darnes et en filets. Tôt le matin, à la fin de la vente à la criée, Arnaud Jégou, encadrant du chantier d’insertion, va faire son marché. Il récupère gratuitement les poissons invendus dont il aura besoin dans la journée pour approvisionner son atelier. « Nous avons des accords avec les organisations de producteurs qui représentent les pêcheurs », explique Hélène Rochet.

150 tonnes de poisson
L’an passé, l’atelier de mareyage a ainsi transformé 150 tonnes de poisson en 70 tonnes de produits finis conditionnées en sachets de 1 kilo. Une fois congelés, ils sont expédiés à la Banque alimentaire et au Secours populaire qui en assurent la distribution. En 2010, 20 tonnes ont été distribuées en Finistère aux familles bénéficiaires de l’aide alimentaire et 50 tonnes hors du département. « La finalité de cette activité reste l’insertion des personnes éloignées de l’emploi, précise Hélène Rochet. Nous devons permettre à des personnes qui ont connu des accidents de vie, des échecs scolaires… de rebondir ». Grâce à l’activité du chantier, ils retrouvent aussi une utilité sociale et reprennent confiance en eux. Les 8 salariés de ce chantier financé par le Conseil général et les services de l’Etat sont en contrat pour 6 à 12 mois, dont quelques semaines de stage en entreprise. Ils travaillent 26 heures par semaine : 20 heures en atelier et 6 heures en formation complémentaire (afin notamment de présenter un CAP mareyage ou d’apprendre le code de la route). « Nous les préparons au rythme de travail des ateliers de mareyage. Notre offre d’insertion répond ainsi aux besoins de main d’oeuvre des entreprises du bassin d’emploi », assure Hélène Rochet. A la fin de leur contrat avec le Panier de la mer, les salariés trouvent presque tous rapidement un emploi.