Fondation Massé-Trévidy au golf de Kerbernez

Massé Trévidy au golf de Kerbernez

Avec son manoir rénové et ses perspectives apaisantes, le golf de Kerbernez à Plomelin est un havre de paix accueillant situé en bordure de l’Odet. C’est aussi désormais un lieu d’insertion grâce à l’engagement de la fondation Massé-Trévidy. Depuis juillet 2011, Nathalie Cheze, chef de service, épaulée par David Bonvarlet, cuisinier, encadrent quatre salariés en insertion qui travaillent pour deux d’entre eux, au bar-brasserie du club house, pour les deux autres au restaurant du lycée (350 repas/jour). « Cuisinière de métier », façonnée par 27 ans passés dans un centre d’hébergement, l’Escale, Nathalie sait de quoi elle parle. « Le social fait partie du jeu. Ils ont besoin d’être reconnus, que l’on s’occupe d’eux », explique-t-elle. Exigeante et tolérante à la fois, elle prend sa mission avec cœur. « Je n’étais venue ici que pour un an au départ, mais je pense que je vais rester. Ici, c’est ouvert à tout le monde. Le bouche à oreille fonctionne bien. Les jeunes sont autonomes. Il n’y a pas besoin d’être toujours derrière eux. La clientèle est sympa, chaleureuse, agréable, sans aucun lien avec l’image guindée et snob dont souffre encore le golf, et les salariés en insertion le ressentent ».

Gulcan, qui a quitté l’école avec un niveau 3ème, s’était auparavant inscrite à l’IBEP avant de travailler une année au sein d’Océan Plus jusqu’en mars 2012. Elle a signé un CDD de six mois à Kerbernez et, vu sa bonne humeur communicative, cela se passe au mieux. A tel point qu’elle a décidé de se porter candidate au CAP cuisine, une filière à laquelle elle ne pensait pas forcément. « J’ai voulu être couturière, puis infirmière ou aide-soignante », confie-t-elle. « Au contact des jeunes, j’ai découvert un métier qui maintenant me passionne ». Philippe, lui, a été autrefois éleveur laitier, pendant 12 ans, et commerçant, durant 13 mois. « J’ai vendu mon exploitation. J’étais content de la transaction et j’ai ouvert un bar-PMU qui marchait bien ». La suite est plus rude. Il raconte avoir été victime d’une escroquerie qui a brisé son élan. « Actife m’a proposé de venir travailler ici. Nathalie a décidé de reconduire mon contrat. Je ne dois pas être si… ». Le mot manquant s’éteint dans un sourire. Le contrat de Gulcan sera également renouvelé si elle n’est pas acceptée en CAP cuisine. « Mon objectif professionnel est d’ouvrir un commerce », reprend Philippe. « Le plus tôt sera le mieux. En attendant, je me reconstruis, c’est déjà beaucoup. J’ai pu m’acheter une voiture et trouver un appartement. La fondation m’a permis de rebondir, redevenir autonome et côtoyer des personnes positives et sans préjugés ».

Plus d’infos : www.masse-trevidy.org