Actife : les bénéfices partagés de la méthode IOD

Actife Quimper Cornouaille

L’IOD (Intervention entre l’Offre et la Demande) a vu le jour dans les années 60 dans la région de Bordeaux. Cette méthode d’accompagnement renforcé personnalisé dans le cadre de l’insertion est particulièrement prisée dans le Nord-Pas de Calais, en région Paca, en Ile-de-France et… en Bretagne.

Marché caché
Notamment dans le Finistère qui regroupe 12 des 75 équipes emploi opérant sur le territoire métropolitain, comme le précise Arnaud Le Menn, responsable emploi et relation entreprises d’Actife (Action Territoriale pour l’Insertion, la Formation et l’Emploi) Quimper-Cornouaille. Comme leurs homologues (6 dans le Pays de Brest, 1 pour Morlaix-Communauté, 1 pour le Centre Ouest Bretagne), les quatre équipes emploi cornouaillaises travaillent en binôme et accueillent le public prioritaire (allocataires du RSA et demandeurs d’emploi depuis plus d’un an). « Nous planifions des rendez-vous tous les quinze jours en moyenne afin de proposer des offres d’emploi durables, avec priorité aux CDI. On essaye de tirer vers le haut, de sécuriser », explique Arnaud Le Menn. 80% de ces offres proviennent du marché caché, celui qui ne fait l’objet d’aucun affichage officiel, notamment via les annonces à Pôle Emploi. La démarche IOD casse les schémas traditionnels.

Ni cv ni lettre de motivation
« L’intervention du chargé de relation avec les entreprises est préparée en amont. Elle s’effectue en présence du salarié et du représentant de l’entreprise directement sur le poste de travail, et non dans un bureau », précise Carine Perrein, directrice d’Actife. « Il s’agit d’un travail de médiation. Il n’y a ni CV ni lettre de motivation. On ne se focalise pas sur le passé, seulement sur les compétences et aptitudes de la personne, avec pour souci d’éliminer tout critère subjectif ». Sur place, « nous allons dans le détail de l’offre (organigramme, fiche de poste, environnement de travail…). Nous retranscrivons ces données par écrit en nous appuyant aussi sur le support photo ». Comment convaincre les entreprises des mérites de la méthode ? « C’est un service gratuit. On parle fidélisation alors que certaines entreprises souffrent du turn-over », synthétise Arnaud Le Menn. « Nous allons sur le terrain, à 80% auprès des PME. L’important est de bien s’accorder sur les points de collaboration ».

Plus d’infos : www.transfer-iod.org

CHIFFRES CLÉS
Entre 15 et 20 sorties vers l’emploi durable et consolidé par équipe emploi dans le Pays de Cornouaille.
90 personnes par an en moyenne accompagnées par chaque équipe.
De 400 à 450 entreprises partenaires.
Plus de 200 offres d’emploi durable captées cette année.
Plus de 100 démarrages de contrats de travail entre janvier et août 2012.
« UNE AIDE AU RECRUTEMENT, CELA NE SE REFUSE PAS ! »
Le rendez-vous a lieu à la pépinière d’entreprises, ZAC de Kervidanou, dans le Pays de Quimperlé.
Il est animé par Mikaël Maury. Dans le cadre de cet entretien de suivi, le chargé de relation avec les entreprises d’Actife Quimper-Cornouaille échange d’abord séparément avec la salariée et son employeur, puis les réunit. Présentée par Actife, Jessica* vient d’être embauchée en CDI par l’entreprise Breizh net 29.
Elle se sent déjà pleinement « intégrée » dans cette société qui emploie en moyenne 15 salariés à l’année. « Actife m’a contactée pour savoir si nous cherchions du personnel », explique la responsable de Breizh net 29, Isabelle Le Meur.
« Nous pouvons être amenés à recruter du jour au lendemain. Quelques jours après, un poste s’est libéré. Une aide au recrutement, cela ne se refuse pas ! ». D’autant plus qu’Actife poursuit son rôle de médiateur pendant six mois jusqu’à ce que l’emploi soit véritablement consolidé.

*Prénom fictif