Tourisme, la nécessaire participation des acteurs locaux par Claude Vautrin

Tourisme durable ! L’expression est porteuse de sens, tout en semblant couler de source. Le tourisme implique l’accueil d’autrui, donc la création de lien social – un des volets majeurs d’une société durable. Ce lien social-là peut être le fruit d’une volonté de partage d’une terre, d’un patrimoine, d’une culture, peut s’exprimer de façon festive et conviviale.

L’expression a du sens pour qui entend vivre, construire une société harmonieuse, équilibrée, délivrée des agressions, humaniste dans le sens plein du terme. La formule n’en exprime pas moins une évidence heureuse : la nécessité, pour assurer les objectifs économiques du développement touristique, de veiller avec le plus grand soin à la garantie, à la sauvegarde des ressources qui en sont les fondements. Et sans lesquelles ledit développement ne serait pas. Ce durable là vaut autant au sens propre que figuré. Le tourisme durable, comme l’a d’ailleurs défini avec justesse un groupe de travail européen, « assure donc un développement économique inscrit dans le long terme, à la fois respectueux des ressources environnementales et socioculturelles et respectueux des hommes, visiteurs, salariés du secteur et populations d’accueil ». Tout est dit, ou presque ! Car pour servir cette belle ambition, à la fois protectrice et porteuse de perspectives d’avenir, pour tous – les visiteurs éclairés par la découverte de nouveaux horizons et les populations d’accueil bénéficiant d’une juste répartition des retombées socioéconomiques de telles activités – encore faut-il s’y préparer.

Un tel projet suppose une gestion intégrée des ressources ainsi proposées à la découverte et au séjour, c’est-à-dire une approche globale prenant en compte leurs usages parfois concurrents. On voit bien l’exigence absolue qui en découle, à savoir l’écoute, mieux la participation, la forte implication des acteurs locaux.

Un autre besoin essentiel se fait jour : l’éducation, dans le sens là encore le plus ouvert du terme. Celle des touristes à ce que l’on nomme l’écoresponsabilité et celle des acteurs, jeunes et moins jeunes, impliqués dans ce type de développement choisi. La formation, initiale et continue, s’impose alors comme un maître mot pour répondre à tout cet éventail d’exigences, avec à la clé des emplois assumés, maîtrisés, eux aussi, et porteurs en cela d’épanouissement et de bien être personnel et collectif.