Phares et balises de la mobilité par Albert Billon

La question des Mobilités est devenue en quelques années une question de société. Au-delà de la capacité à se déplacer d’un point à un autre ou d’accéder au permis de conduire, qui restent des problèmes d’inégalité sociale toujours importants à traiter, nous devons faire face à une kyrielle d’interrogations autrement plus complexes à solutionner : de l’aménagement du territoire à l’accès aux savoirs ; du télétravail à la sécurisation des parcours professionnels, la question de la Mobilité est partout.
Le choix de son domicile en fonction de son lieu de travail – et inversement – dans une logique de développement durable plus écologique, nécessite de repenser notre rapport à l’espace. Individuel, collectif ou semi collectif, le choix d’un mode de transport va nous obliger à une nouvelle maîtrise de notre espace vital, à apprendre à se mouvoir dans une nouvelle géographie où habitat, travail, espaces de loisirs… seront devenus interdépendants. La Ligne à Grande Vitesse entre Rennes et Paris viendra encore modifier cet espace. L’explosion du coûts des carburants modifie déjà notre rapport à la voiture. La recherche d’économies financières nécessite de nouvelles réponses : covoiturag, location de véhicules, travail à domicile, transport multimodal etc.
Face aux nécessités de la mobilité physique, la mobilité intellectuelle pose également de nouveaux défis. Avec l’apparition des nouvelles technologies, notre rapport au Savoir et à la Connaissance s’en trouve largement modifié. Si nous pouvons admettre qu’il nous faudra changer plusieurs fois de métiers dans sa vie, force est de constater que cette mobilité est aujourd’hui très mal construite. Que ce soit dans la fonction publique ou dans le secteur privé, il est très compliqué, sans passer par la case « licenciement » et sans remettre en cause ses « avantages acquis », de changer de métier ou d’employeur. Nos organisations comme nos institutions sont encore peu mobiles. Avec l’allongement de la durée du travail, la gestion des inaptitudes au travail va obliger nos entreprises à repenser les conditions de travail ou à organiser de nouvelles mobilités professionnelles au sein ou l’extérieur de l’entreprise. Ce défi colossal nous amènera d’ailleurs à passer d’une gestion prévisionnelle des emplois aujourd’hui organisée au niveau d’une entreprise, à l’échelle d’un territoire, où la mobilité inter entreprises deviendra le sésame des parcours professionnels sécurisés.
N’est-il pas ?