Énergies locales en Finistère

Eolienne de Plouguin

La France a choisi l’éolien comme source principale d’énergie pour répondre à son engagement européen de produire 23% d’électricité d’origine renouvelable à l’horizon 2020. Cela tombe bien : la Bretagne, et en particulier le Finistère, possède le 3e potentiel éolien dans l’hexagone (11 % du total). D’autres axes de développement existent, tels que le solaire thermique et photovoltaïque, l’hydrolien, le biogaz… Sans oublier les énergies marines renouvelables ni l’usine marémotrice de la Rance qui reste un pilier de la production d’électricité bretonne.

Vents favorables

La Bretagne est la 3e région française en puissance installée. Les 652 MW en fonctionnement fin 2010 ont produit 905 GWh d’électricité cette année-là. Les 418 éoliennes sont réparties dans 89 communes. L’année 2010 a connu une forte augmentation de la puissance installée : +37% par rapport à 2009. La production a augmenté de 22% dans le même temps. 85 nouvelles éoliennes ont été mises en fonctionnement en 2010 sur 19 communes. Fin septembre 2011, la puissance installée a encore augmenté pour atteindre 668 MW. Plus de 300 MW autorisés sont encore à construire. Le nombre moyen d’éoliennes par parc est de 4 pour une puissance de 6 MW par parc.

*Source : www.bretagne-environnement.org

Une place au soleil

L’énergie solaire propose deux technologies différentes. L’énergie solaire thermique produit directement de la chaleur qui sert à chauffer de l’eau sanitaire et/ou une habitation. L’énergie solaire photovoltaïque crée un courant électrique via l’absorption des photons de la lumière par les panneaux solaires qui libère des électrons. 36 000m2 de panneaux photovoltaïques solaires thermiques étaient installés en Bretagne en 2010, dont 80% chez les particuliers (5 000 installations). Les 245 chauffe-eau collectifs recensés ont produit cette année-là environ 11 GWh de chaleur. Pour ce qui concerne le solaire photovoltaïque, la région comptait, fin 2010, 6 559 sites (en toiture), en fonctionnement et livrant au réseau électrique, pour une puissance de 50 MW et une production de 29 GWh. Depuis 2009, la production a été multipliée par 4. Fin septembre 2011, la progression a maintenu son rythme pour atteindre 11 820 installations et 101 MW. La Bretagne représente 5% des installations en France. Des centrales sol sont en projet, comme à Crozon, et permettront d’augmenter encore la puissance.

Source : www.bretagne-environnement.org

Forces sous-marines

EDF vient de procédé à l’immersion de l’hydrolienne « L’Arcouest » (16 mètres de diamètre, 850 tonnes) au large de Paimpol (Côtes-d’Armor). Conçue par la société irlandaise Open Hydro et assemblée à Brest par DCNS, elle a été placée à 35 mètres de profondeur afin de tester son fonctionnement en conditions réelles. Au final, le parc composé de 4 turbines, d’une puissance unitaire de 0,5 MW, devrait pouvoir alimenter 2000 à 3000 foyers. La connexion au réseau électrique s’effectuera via un câble offshore de plus de 15 km. De son côté, après l’expérimentation « D03 » à Bénodet (1ère hydrolienne sous-marine française immergée en 2008), l’entreprise cornouaillaise Sabella travaille au développement d’une tête de série industrielle. « Sabella D10 » (0,5 MW, 10 mètres de diamètre, 400 tonnes), retenue par l’ADEME dans le cadre du programme « Investissements d’avenir » (3,6 millions d’euros), pourrait être immergée cet automne dans le passage du Fromveur (Ouessant). « Un énergéticien, un acteur du monde pétrolier et un fonds d’investissement s’intéressent au projet », confie le président, Jean-François Daviau.

Plus d’infos : www.edf.com ; www.sabella.fr

Biogaz grandit

La méthanisation est utilisée pour valoriser des déchets et matières organiques. Elle produit de l’énergie sous forme d’électricité, de la chaleur et un engrais (le digestat). Le plan Biogaz agricole a été créé début 2007 pour accompagner le développement de cette filière en Bretagne et dans les Pays de la Loire. Fin 2010, la Bretagne comptait 14 installations. La production électrique (3,7 GWh) a plus que tripé entre 2009 et 2010 mais reste encore faible : 0,2% de la production totale d’électricité renouvelable. Côté chaleur, 35 GWh, souvent autoconsommés, ont été produits en 2010. De nombreux projets se développent. Fin 2011, la puissance électrique devait atteindre 6,8 MW et la puissance thermique 11,2 MW avec des installations de plus grande taille.

Source : www.observatoire-energie-ges-bretagne.fr

Grandes marées

L’usine marémotrice de la Rance, mise en service en 1966, a produit en 2010 l’équivalent de la consommation en électricité de la ville de Rennes (environ 220 000 habitants), soit plus de 520 millions de kWh pour une puissance installée de 240 MW. Elle fournit 45% de l’électricité produite en Bretagne. L’usine utilise la force des marées, qui peuvent être calculées à l’avance, en créant une différence de niveaux entre la mer et le bassin grâce à un barrage de 750 mètres de long. La chute d’eau permet de faire tourner une turbine qui entraîne un alternateur. L’estuaire de la Rance est situé dans l’une des régions du monde où l’amplitude des marées est la plus grande. A l’équinoxe, elle peut atteindre 13,5 mètres.

Une centrale solaire en presqu’île de Crozon en 2014

La communauté de communes de la Presqu’île de Crozon va mettre 7 hectares  à la disposition d’un groupement d’entreprise 100% breton, avec lequel il a signé une convention de bail pour la réalisation d’une centrale solaire au sol sur le site de l’ancienne décharge de Kerdanvez. Cet équipement, d’une puissance d’environ 2 MW,  permettra de répondre aux besoins de 700 foyers, hors chauffage. Après instruction du dossier de permis de construire qui devrait être déposé en février, le projet donnera lieu à enquête publique. La durée des travaux est estimée à une dizaine de mois. La centrale solaire devrait être opérationnelle en 2014.