Paradoxe par Claude Vautrin

Il y a, qu’on le veuille ou non, un avant et un après Fukushima. La sortie du nucléaire est donc logiquement au centre des débats actuels et futurs. Pour en sortir, encore faut-il s’y préparer et assurer demain l’énergie utile au fonctionnement de la société.
Alors que globalement tout le monde ou presque encourage le développement des énergies propres, la mise en place de projets locaux de type éolien, biogaz, biocarburants pose assurément question, jusqu’à engendrer la polémique… Ici l’implantation d’éoliennes perturberait le paysage. Là un projet de méthanisation serait susceptible de chatouiller les odorats sensibles. Bref il est souvent question de (bien) penser globalement, et de non agir localement. Combien d’initiatives publiques — collectivités locales, intercommunalité… — ou privées ont-elles ainsi été balayées par un vent de contestation loin de répondre aux attentes environnementales de l’heure ?
Sans doute, obnubilé par la question du nucléaire, le débat public manque-t-il de perspectives quant aux vertus des énergies renouvelables. Loin de se limiter à la seule technicité, au seul attrait tarifaire, elles appellent à l’évidence au questionnement majeur sur ce que sera la société de demain, libérée des énergies polluantes. Tout cela va bien au-delà des affrontements et invite à davantage d’audace dans la sérénité.