Les métiers du développement durable par Laurence Ferrette

A l’occasion des Journées Nationales des Maisons de l’Emploi et des Plans Locaux pour l’Insertion et l’Emploi, les 8 et 9 décembre à Rennes, l’ADEME et l’Alliance Villes Emploi ont présenté les résultats de l’expérimentation « Maisons de l’Emploi et Développement Durable ». Au plus près du terrain, ce projet permet d’identifier les besoins en emplois et en compétences des territoires français et d’établir des plans d’actions adaptés. Finalisé avec succès sur 3 territoires (Lille, Bayonne et le Grand Nancy), il a déjà mobilisé plus de 1 300 acteurs locaux et a été étendu à 30 autres Maisons de l’Emploi.
Le diagnostic a principalement porté sur le secteur de la construction, premier concerné par les évolutions réglementaires liées à l’environnement. Il a permis de comprendre plus précisément les besoins liés au marché de l’efficacité énergétique et des énergies renouvelables.
Si le potentiel du marché  devrait rester stable jusqu’en 2014, la part du chiffre d’affaires liée à l’efficacité énergétique et aux énergies renouvelables devrait croître de 47 % à 330 % selon les territoires, notamment avec l’introduction de la RT 2012 (Réglementation thermique 2012 : www.rt-batiment.fr).
Les maîtres d’ouvrage, particuliers et collectivités, connaissent mal ces nouvelles réglementations et auront de plus en plus recours aux professionnels, en matière de conseil comme pour la réalisation des travaux. Sur 154 000 salariés sondés sur les territoires étudiés, ils étaient 29 000 professionnels du bâtiment (équivalents temps plein) à travailler sur des chantiers de performance énergétique et de qualité environnementale en 2009. D’ici 2014, ce sont 69 000 professionnels (équivalents temps plein) qui devront être mobilisés pour répondre à la demande, soit 42 % de plus.
Ces nouveaux besoins en compétences nécessitent que la profession évolue et ce, dans tous les corps de métier. La performance énergétique ne sera au rendez-vous que si une approche globale de l’ensemble du bâtiment est réalisée. Or, cet audit a révélé que peu de professionnels sont aujourd’hui en mesure de faire face à cette demande d’approche globale, en particulier par un manque de connaissance des enjeux.
Directement liés aux priorités fixées par les objectifs du Grenelle de l’Environnement, les principaux besoins en formation portent sur la mise en œuvre de matériaux d’isolation, la pose d’équipements à base d’énergies renouvelables et l’étanchéité à l’air. L’audit a pourtant révélé que pour 8 chefs d’entreprise sur 10, la formation était difficilement accessible par manque de temps.
Véritable outil de pilotage, le diagnostic a permis à l’ADEME et l’Alliance Villes Emploi d’élaborer des plans d’actions portés au niveau de chaque territoire afin d’apporter sur le terrain des réponses concrètes en adéquation avec les besoins des entrepreneurs locaux.
En Bretagne, 3 maisons de l’emploi du Pays de Redon et Vilaine (MEDEFI), du Pays de Rennes (MEIF) et du Pays du Trégor-Goëlo (MDEFP) ont été retenues pour participer au projet «Maison de l’Emploi et développement durable » sur les filières bâtiment et énergies renouvelables. La filière de l’automobile a été également sélectionnée pour le Pays de Rennes. Cette opération a été engagée pour inciter les acteurs locaux à accélérer l’anticipation des effets des mesures du Grenelle de l’Environnement, à mieux appréhender et analyser les opportunités et les freins en matière d’emploi, de formation et de compétences, notamment à travers une analyse territoriale des besoins des marchés actuels et à venir.
Pour mener à bien ce travail d’étude, la Cellule Economique de Bretagne a été sollicitée par l’ADEME. Des plans d’actions ont été lancés sur ces territoires dès 2011.
Pour plus d’information : ADEME Laurence Ferrette – 02 99 85 87 13 – laurence.ferrette@ademe.fr