Déchets : le Finistère fait face

Griffe dans la déchèterie de Valcor

C’est à l’unanimité que le Conseil général du Finistère a adopté le 22 octobre 2009 le Plan départemental de prévention et de gestion des déchets ménagers assimilés (horizon 2018). Il est structuré autour de trois grands axes : réduire les quantités et la nocivité des déchets produits et collectés, améliorer le taux de valorisation des déchets, bâtir une organisation durable basée sur la solidarité des territoires et la complémentarité des filières. Le Conseil général a confié l’animation des axes « Prévention » et « Coopération territoriale » au Syndicat mixte d’études pour l’élimination des déchets (SYMEED).

Réduction

Un accord-cadre tripartite (ADEME-Conseil général-SYMEED) a été signé en 2009 pour la mise en œuvre d’un plan départemental de prévention. Son objectif est de couvrir en cinq ans 80% de la population relevant d’un programme local de prévention (PLP). Début novembre 2011, ce taux de couverture s’élevait à… 78% pour 14 PLP* ! Un diagnostic de territoire et un programme d’actions ont été élaborés au cours de la première année (mai 2010-mai 2011). Un réseau départemental s’est structuré au fil de réunions régulières. Cette dynamique s’est traduite par une mobilisation exceptionnelle. Lors de la Semaine européenne de la réduction des déchets (SERD) 2010, les porteurs de projet finistériens ont organisé 55% des animations bretonnes !

L’année 2 du plan de prévention (mai 2011-mai 2012) voit la mise en œuvre de nouvelles actions concrètes : promotion des couches lavables, opération pilote de compostage dans trois collèges, modification des pratiques de jardinage, création de jeux sur la prévention des déchets, mise en ligne du site internet du SYMEED prévue le 14 décembre prochain…

Valorisation

Le Plan départemental a pour but d’améliorer le taux global de valorisation des déchets ménagers : « La stratégie consiste à réduire les impacts environnementaux engendrés par les déchets tout au long de leur existence. Cette approche permet de considérer le déchet comme une ressource à valoriser et non nécessairement comme une nuisance. Cela signifie que, idéalement, les déchets devraient être soit évités, soit réutilisés, recyclés, récupérés, la mise en stockage ne devant être que le dernier recours ».

« Puisqu’incinération il y a, autant qu’elle serve à produire de l’énergie. Les unités d’incinération du Finistère sont encouragées à optimiser sa valorisation. Nos efforts communs en terme de valorisation s’inscrivent pleinement dans la lettre et l’esprit du PDPGDMA », expliquent de concert Jean-Luc Polard, conseiller général délégué aux déchets et président du SYMEED, et Chantal Simon-Guillou, 1ère vice-présidente du Conseil général, en charge des Territoires et de l’Environnement.

Coopération

Le PDPGDMA prévoit que chaque territoire identifié (Nord-Centre, Sud-Finistère) possède l’ensemble des équipements structurants : unité de valorisation énergétique des déchets, centre de tri de recyclables secs ménagers, unité de valorisation organique, plateforme de maturation des mâchefers issus de l’incinération des ordures ménagères, installation de stockage des déchets non dangereux. « La coopération avance à grands pas », constate Jean-Yves Polard. « Il faut parvenir à mutualiser nos réflexions parce que les décisions que prend une communauté de communes ont forcément un impact sur le fonctionnement d’équipements gérés à plusieurs ».

* Dans le cadre d’un Plan local de prévention, toute collectivité s’engage à réduire le volume de ses ordures ménagères résiduelles de 7% en cinq ans.

Chiffres clés

700 000 tonnes de déchets ménagers et assimilés ont été produits dans le Finistère en 2010, soit 715 kg/hab (au lieu de 755 kg/hab en 2007) :

* 243 000 tonnes d’ordures ménagères

* 87 000 tonnes en collecte sélective

* 370 000 tonnes en déchèteries

62 déchèteries en service dans le département.
Plus de 50% des tonnages collectés en déchèterie sont des déchets verts
12 000 foyers ont recours au compostage domestique (6% des habitations). Le Plan prévoit l’équipement d’environ 140 000 foyers supplémentaires d’ici à 2018.
6478 composteurs et 16% des jardins équipés sur le territoire de Brest Métropole Océane en 2010.
En 2005, chaque Finistérien produisait : 287 kg d’ordures ménagères résiduelles, 84 kg de recyclables, 343 kg en déchèteries, soit 715 kg.
En 2009, il a produit : 257 kg d’OMR, 89 kg de recyclables, 395 kg en déchèteries, soit 741 kg.
Objectifs 2013 : 258 kg d’OMR, 95 kg de recyclables, 378 kg en déchèteries, soit 731 kg.
Objectifs 2018 : 233 kg d’OMR, 104 kg de recyclables, 312 kg en déchèteries, soit 649 kg.
Déchets les plus collectées en déchèteries :

Les déchets verts : 197 kg par habitant en 2005, 207 kg en 2009.
Les encombrants : 139 kg par habitant en 2005, 166 kg en 2009.