Yvon Hervé, président de Morlaix Communauté : « Le changement ne doit pas être trop brutal »

Yvon Hervé

Que pensez-vous du système actuel, la TEOM pour ce qui vous concerne ?

Nous sommes conscients que la taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM) actuelle, assise sur le foncier bâti, manque de cohérence. Toute propriété est taxée, qu’elle produise ou non des déchets. Une personne hébergée en maison de retraite doit payer la taxe pour sa maison inoccupée. D’un autre côté, ce système est d’un grand confort pour la collectivité puisqu’il n’y a rien à faire. L’argent vient tout seul.

À quel stade en êtes-vous de votre réflexion concernant la tarification incitative ?

La grande difficulté est d’atténuer la secousse lorsque nous passerons de la TEOM à la tarification incitative. Le changement ne doit pas être trop brutal. Il est légitime de tendre vers une meilleure prise en compte de la quantité de déchets produite. Mais la mise en œuvre d’une part variable ne doit pas non plus aboutir à une situation où les familles nombreuses paieraient beaucoup plus pendant que les personnes seules verraient leur note diminuer. Nous n’avons pas encore tranché, car nous sommes décidés à prendre le temps de la réflexion. Nous avons demandé que soient réalisées des simulations afin que chaque maire connaisse l’effet des différents scénarios sur la population de sa commune.

La tarification incitative fera-elle baisser le coût du traitement des déchets ?

Il ne faut pas laisser croire qu’un système révolutionnaire va permettre de faire baisser les factures. La part fixe doit demeurer élevée pour couvrir des frais fixes importants (déchèteries, collectes, personnel). Ceux-ci ne diminueront pas proportionnellement à la réduction du volume de déchets. Ils sont soumis de plus à l’évolution constante des normes. L’essentiel de nos efforts doit porter sur une remise en question de nos habitudes consuméristes. Il y a beaucoup trop d’objets que l’on jette rapidement.

Plus d’infos : www.agglo.morlaix.fr