Mis en avant

La solidarité alimentaire : retrouver le goût de vivre !

Aller au-delà de la mise à disposition d’une aide alimentaire : une préoccupation de beaucoup de structures, publiques ou privées.

Les épiceries sociales et solidaires se développent dans le Finistère, qui en compte 9 depuis l’ouverture de l’agoraé à Brest (lire en page 19). Pour couper avec un ressenti d’assistanat, les aliments et produits d’hygiène y sont en vente, mais à prix très réduits. Les personnes bénéficient d’un budget qu’elles gèrent en choisissant ce qu’elles mettent dans leur cabas. Ces lieux d’accueil et de convivialité sont souvent en lien avec d’autres activités, portées ou non par la même structure. A Quimperlé, le CCAS gère l’épicerie, et le CDAS les ateliers de cuisine. A Quimper, le CCAS propose des ateliers culinaires hebdomadaires dans les locaux de son épicerie. Durant l’hiver, l’accent est mis sur la confection de soupes à base de légumes, simples et nourrissantes. Les bénéficiaires participent aussi à des séances de jardinage ou des sorties culturelles et sportives.

Brest : de l’assiette au jardin
« Ici nous cuisinons tous les mardis depuis 15 ans », témoigne Annie Le Moigne, qui coordonne la Maison des 4 Moulins du Secours Catholique de Brest. « La personne qui propose un menu est chef de cuisine du jour. L’accent est mis sur la convivialité, les échanges. Nous découvrons régulièrement des cuisines étrangères, d’autres manières de composer les repas. Par exemple avec moins de viande, donc moins cher. C’est une vraie ouverture. Apprendre à se faire à manger participe à la revalorisation des personnes. Je les vois changer, être mieux dans leur peau ! » « Au-delà des colis alimentaires d’urgence, mon travail consiste à accompagner des projets portés par des personnes et renforçant leur autonomie », renchérit Ludovic Raullin, animateur de réseaux de solidarité dans le pays de Brest. « Les jardins solidaires de Keraudren sont un bon exemple. Les bénéficiaires s’y engagent pour une longue période. Puis les récoltes sont partagées en 3 : entre les familles qui cultivent, les colis d’aide du Secours Catholique ou d’autres associations, et le grand public, en échange de dons dont une partie soutient un projet agricole au Sénégal. » Quand solidarités ici et là-bas se combinent, chacun semble avancer.

CDAS Centre Départemental d’Action Sociale de Quimperlé, 15 rue Ellé – 02 98 50 11 50
CCAS Centre Communal d’Action Sociale de Quimper, 8, rue Verdelet – 02 98 64 51 00
Maison des 4 Moulins du Secours Catholique, 10 avenue du polygone, à Brest 02 98 05 24 18 – secours-catho.rive-droite@wanadoo.fr

ÉPICERIES SOLIDAIRES

Depuis 2000, l’ANDES (Association Nationale de Développement des Épiceries Solidaires) fédère de nombreuses épiceries, y compris dans le Finistère. Elle propose une aide à la création, à la mise en réseau territoriale, au développement de projets en lien avec les épiceries : ateliers de cuisine, chantiers d’insertion, jardins… « Mon travail consiste à accompagner et soutenir les épiceries de Bretagne et Pays de la Loire, qu’elles adhèrent ou non à l’ANDES, » précise Jean-François Greaud, animateur réseau des régions Pays de la Loire et Bretagne. « En partant des besoins, des projets des gens, mais aussi de leurs compétences et savoir-faire, les épiceries sont un formidable outil pour aider à remettre les personnes dans le droit commun, c’est-à-dire dans la vie de tous les jours, y compris le circuit du travail », s’enthousiasme Jeff Greaud. « Valoriser les personnes est un objectif au coeur de nos ateliers de cuisine appelés Compagnie des Gourmands. » Le plaisir de manger, donc de cuisiner, y compris en famille, permet de « travailler » les relations parents-enfants tout en découvrant des plats et des aliments santé. « Lorsque les fruits et légumes sont de qualité dans les épiceries, les gens les achètent, ils ne sont pas réticents aux légumes par principe ! », souligne l’animateur.
« Nous proposons dorénavant à nos adhérents de bénéficier d’une enveloppe expérimentale qui leur permet d’acheter des fruits et légumes auprès de producteurs locaux. Cela répond à un besoin important de se fournir en circuit court. »

ANDES, le réseau des épiceries solidaire : www.epiceries-solidaires.org


À lire également :

> UBO : les étudiants cuisinent la solidarité

Le Nouy pratique l’ouverture

L’entreprise briécoise, fabricant de fenêtres et menuiseries, a conclu une convention de partenariat concernant la formation de ses clients et salariés avec l’Afpa de Quimper.

Pour répondre aux enjeux liés à la réglementation thermique 2012 dans le secteur de la pose de fermetures, l’entreprise Le Nouy s’est rapprochée du Centre de formation professionnelle des adultes (Afpa) de Quimper pour étudier la faisabilité d’un partenariat. Celui-ci est centré sur la mise en oeuvre de formations construites sur mesure au bénéfice de ses clients et salariés. Une convention a été signée en février dernier pour une durée de trois ans. Elle a pour objet la mise en place de formations techniques sur la pose de menuiseries, fermetures et automatismes selon les DTU* en vigueur. « C’est une opération gagnant-gagnant », explique le directeur du Centre de formation professionnelle des adultes de Quimper (35 salariés), Patrice Madaoui. « Car nous souhaitons développer des formations dans le domaine de l’écoconstruction ». Comme en témoigne la création en avril dernier d’une formation de monteur en construction bois.
Le partenariat avec Le Nouy, tissé par Arnaud Lalande, responsable d’affaires Finistère de l’Afpa, s’est inscrit dans le dur et la durée via l’édification d’un « bâtiment-école » inauguré fin juin sur le campus quimpérois de l’association.
Cet atelier pédagogique permettra à la société briécoise (240 salariés, 31,6 M€ de chiffre d’affaires en 2012) d’organiser sur trois ans une trentaine de journées de formation de deux jours pour 6 à 9 personnes. Les quatre premières sont prévues en octobre.
Pour Le Nouy, cette plateforme a une double utilité : interne et externe. Elle profitera aux salariés (compétences produits, connaissances métiers) aussi bien qu’aux clients (artisans, constructeurs de maison individuelle et revendeurs). « La différenciation par rapport à nos concurrents repose sur l’offre de nouveaux services et l’accompagnement des clients », souligne le directeur général, François Le Nouy.

*Document Technique Unifié, applicable aux marchés de travaux de bâtiment en France.
Plus d’infos : www.lenouy.com ; www.afpa.fr

Première marche à gravir : l’estime de soi

Une trentaine de parrains et marraines bénévoles accompagne des jeunes de la Mission Locale du Pays de Cornouaille dans leur recherche d’emploi.

La Mission Locale du Pays de Cornouaille (MLPC) accueille, conseille, informe, oriente et accompagne les jeunes de 16 à 25 ans sortis du système scolaire ou universitaire dans leur recherche de formation ou d’emploi et leur vie quotidienne. Elle bénéficie depuis une dizaine d’années du soutien de parrains et marraines bénévoles qui interviennent en synergie avec les conseillers de la Mission Locale. Cette démarche (trois mois maximum) vise à proposer au filleul, mises en relation avec des employeurs potentiels, méthodes de recherche d’emploi, reconquête de l’estime de soi. « Nous avons signé en septembre 2012 une convention de partenariat avec le Centre des jeunes dirigeants d’entreprise (CJD) de Quimper-Cornouaille qui prévoit l’accompagnement de 10 jeunes par 10 membres du CJD et la réalisation de simulations d’entretien », précise Hélène Bouthier, référente mixité des emplois à la MLPC. Elle anime un réseau d’une trentaine de parrains et marraines (jeunes dirigeants compris) qui s’engagent au profit de près de 80 bénéficiaires. « Ce dispositif permet aux jeunes de dédramatiser leur relation avec l’entreprise. Beaucoup ont encore une vision erronée du chef d’entreprise qui serait le méchant et voudrait les piéger. Certains sont même tétanisés à l’idée de passer un entretien », indique Hélène Bouthier. Et pourtant certains patrons ne demandent qu’à les aider. C’est le cas de Yann Darcy, directeur de l’entreprise quimpéroise Ressources Mobilité Professionnelle. « Je parraine des jeunes depuis ma sortie d’école de commerce. C’est une question de générosité, plus que d’utilité », affirme-t-il. « L’objectif est de redonner confiance à des jeunes auprès desquels le monde de l’entreprise n’a pas forcément bonne image. L’estime de soi constitue la première marche à gravir avant d’aborder les outils. Nous positionnons nos filleuls comme offreurs de compétences plutôt que demandeurs d’emploi ». « Il faut relier les compétences entre elles », constate Marie-Renée Closier, conseillère d’orientation pendant trente ans. « Les jeunes femmes que j’accompagne ne se rendent pas toujours compte de la valeur de leurs apprentissages », déclare cette retraitée de l’Education nationale qui reconnaît avec beaucoup d’élégance intellectuelle ne pas tout connaître du monde de l’entreprise et de ses évolutions accélérées. « Paradoxalement, les jeunes paraissent généralement mal préparés au monde de l’entreprise », regrette un autre parrain très investi, Edouard Marco, ancien directeur général des bâtiments, matériels et espaces verts de la Ville de Quimper. « Ils ne savent pas ce que l’on attend d’eux. Il existe un chaînon manquant entre l’éducation nationale et l’entreprise. De nombreux jeunes semblent persuadés que l’obtention d’un diplôme leur garantira un travail. Comme ce n’est pas le cas, ils se disent qu’ils ne sont pas bons. La porte est fermée et ils n’ont pas la clef ».

Plus d’infos : www.mlpc.asso.fr ; www.cjd-quimper.fr

Pêche, nouveaux horizons

Déjà soumise à de nombreuses contraintes (vieillissement de la flotille, difficultés de recrutement, coûts énergétiques…), la pêche finistérienne vit de plus en plus dans l’incertitude du fait des tractations en cours sur la réforme de la politique commune de la pêche (PCP). Pourtant, loin de baisser les bras, la filière se rassemble, s’adapte, innove, invente de nouveaux horizons. Parce que cette activité, partie intégrante de l’âme du Finistère, conserve un véritable avenir économique… sous certaines conditions. 

LES ENJEUX DE LA FILIÈRE EN FINISTÈRE
Garder la pêche !
Interview de Michaël Quernez, vice-président du Conseil général du Finistère, chargé de l’insertion et de l’économie
Témoignages de trois acteurs historiques de la filière
80% de vente à distance dans le Nord-Finistère
L’algue, une filière d’avenir
La conchyliculture sort la tête de l’eau

INVESTISSEMENTS CONTRE VENTS ET MARÉES
Engagement de la CCI Quimper Cornouaille
« Tout est conditionné par le nombre de bateaux »
Haliotika : passion poisson
Interview de Jean-Paul Stanzel, président de la Communauté de communes du Pays Bigouden

 

ARMEMENTS
Hent ar Bugale, l’armement des mareyeurs loctudistes
Les « Brisants » cultivent la qualité
Destins croisés : l’Armement Bigouden et les chantiers Gléhen

ACTEURS DE LA FILIÈRE
Leclerc Pont-L’Abbé : de la criée à l’étal
Paroles de jeunes du Lycée maritime du Guilvinec
Pesca, au service des filières pêche et conchyliculturePromouvoir les techniques de pêches et Suivi de la qualité de l’eau pour la filière conchylicole
Contrats bleus : une pêche responsable
Pierre Mollo au chevet du plancton

LES RÉUSSITES
Julien Le Brun, jeune patron-pêcheur de 31 ans, emploie 13 marins
André Le Gall pêche la coquille Saint-Jacques en rade de Brest et en mer d’Iroise
Bruno Claquin : « Transmettre le savoir-faire »
Reda Mohammadi et Pere Manils, formés au Centre Européen de Formation continue Maritime de Concarneau
L’ADN de Piriou
Thon tropical : le poids lourd invisible
La langoustine en Pays Bigouden : « Trier sur le fond plutôt que sur le pont »
La vivacité des viviers Béganton
Histoire scandinave par Albert Billon

LES RÉFORMES EUROPÉENNES
Les enjeux de la réforme européenne
3000 « pêcheurs de Bretagne »

La vivacité des viviers Béganton

Le groupe Beganton emploie une centaine de salariés, dont 42 à Roscoff et Moguériec. Il a commercialisé l’an dernier 2500 tonnes de tourteau, son produit phare.

La société Beganton, fondée à Moguériec en 1979, implantée à Roscoff depuis 1990 et cogérée par Jacques Person et Hubert Le Bihan, constitue l’un des acteurs emblématiques de la filière pêche dans le Nord-Finistère. La « maison mère », les Viviers de Beganton dont le siège est situé au port de Bloscon, emploie 42 salariés pour un chiffre d’affaires de 22 millions d’euros en 2012. Si l’on élargit le champ à l’ensemble du Groupe Beganton en ajoutant les filiales*, le nombre d’emplois atteint la centaine (80 personnes basées à terre + 3 équipages de 7 marins) avec un chiffre d’affaires de 50 M€ l’an dernier.
Cette même année, la société Beganton a commercialisé 2 500 tonnes de tourteau – l’activité phare de la pêcherie – de 300 à 500 tonnes d’araignée, 300 tonnes de homard et une vingtaine de tonnes de langouste, auxquelles s’ajoutent 1 500 à 2 000 tonnes de poissons, pêchées pour l’essentiel « localement » : lotte, barbue, turbot, lieu, raie, seiche… « Nous privilégions les bateaux français », souligne Hubert Le Bihan. La société Beganton possède en propre trois caseyeurs. L’un d’entre eux, « L’Etoile du Berger », a été mis à flot voici une dizaine d’années. Les deux autres sont d’anciens chalutiers de 24 mètres transformés. « Nous travaillons régulièrement avec deux autres patrons français », précise Hubert Le Bihan. « Les marées durent une dizaine de jours. Nos bateaux naviguent entre 150 et 180 jours par an ».

Côté export, qu’affiche le baromètre ? « Les difficultés rencontrées sur les marchés espagnol et portugais nous ont fait mal », reconnaît le dirigeant. Mais la société s’est rapidement adaptée. « Nous commençons à travailler avec la Chine et nous nous développons sur l’Italie. Parallèlement, nous commercialisons d’autres produits à plus faible marge comme la seiche ». Globalement, la part à l’exportation a baissé depuis la crise de 40% à 33%, celle de la grande distribution a augmenté de 40% à 47% et les ventes au secteur traditionnel sont stables à 20%. « Il existe un avenir pour ceux qui veulent venir à la pêche ou y rester. Les bons caseyeurs donnent des salaires plus que décents. Les crustacés ne font pas partie des espaces menacées. Il manque, c’est vrai, un petit plus au niveau du prix. Mais le problème majeur, c’est le renouvellement de la flottille. Si l’on a la possibilité d’investir avec un jeune patron de pêche qui tient la route, on le fera volontiers », affirme Hubert Le Bihan. Pour l’heure, Beganton a déjà lourdement investi à terre, notamment dans un équipement de cuisson qui lui permet de réaliser 17% du total de ses ventes de crustacés. L’opportunité de lancer la barquettisation de certains produits est étudiée. Les Viviers ne se reposent jamais…

*Breiz Izel Marée (Le Conquet), Homard Atlantique (Rungis), Viviers de Loctudy, Viviers de Cancale.
Plus d’infos : www.viviers-beganton.com

« Faire plus pour ceux qui en ont le plus besoin » par Rachid Drif, Directeur territorial de Pôle emploi

Rachid Drif

Rachid Drif
Directeur territorial de Pôle emploi

Notre objectif : faire plus pour ceux qui en ont le plus besoin. Cette ambition implique la proposition d’une modalité d’accompagnement et de suivi adaptée à chaque situation. Le volet diagnostic de l’entretien d’inscription du demandeur d’emploi revêt ainsi une importance décisive pour permettre aux conseillers de choisir en connaissance de cause le type d’accompagnement qui correspond le mieux à son besoin : accompagnement renforcé, guidé ou simple suivi à la recherche pour une personne autonome.

La réussite de cette démarche passe par une collaboration étroite avec nos partenaires sur chaque territoire et nécessite d’innover, notamment en affûtant nos outils informatiques. Un exemple : des services « 100 % Web » sur notre site www.pole-emploi.fr. Satisfaire un besoin en recrutement, c’est aussi assurer le placement d’un demandeur d’emploi. L’enjeu est donc de mieux répondre aux besoins des employeurs dans ce domaine. En mobilisant le service adapté à chacun et en faisant de la relation avec les entreprises un levier d’insertion au bénéfice des demandeurs d’emploi.

Pour y parvenir, le traitement de l’offre d’emploi doit reposer sur une analyse partagée du besoin de l’employeur. Le conseiller propose un service adapté en fonction des caractéristiques du recrutement et au regard de la demande d’emploi sur le territoire. Quant à la prospection, elle consiste à favoriser la recherche d’offres correspondant aux caractéristiques des demandeurs d’emploi ainsi qu’à promouvoir leurs profils pour anticiper les besoins en recrutement.

Mobiliser des services adaptés à chaque problématique de recrutement nécessite un accompagnement plus important de la part des conseillers Pôle emploi. En développant nos services internet pour les employeurs (alertes, dépôt et suivi de leurs offres en ligne, etc.), nous permettons aux conseillers de consacrer plus de temps aux recrutements nécessitant un accompagnement plus important.

Cause commune sur les déménagements solidaires

« Nous avons créé cette activité il y a une dizaine d’années, l’objectif étant d’aider les personnes aux revenus modestes à déménager », explique Didier Lennon, directeur du Pôle formation Insertion de la Fondation Massé-Trévidy. D’abord service annexe du Comité pour l’Habitat des Jeunes de Quimper, l’activité s’est progressivement étendue à l’ensemble de la Cornouaille.
« En 2006, nous avons été contactés par l’association Aile (Association Iroise logement entraide) qui gère plusieurs foyers de jeunes travailleurs », poursuit Didier Lennon. « Nous avons signé une convention avec eux. Ils se sont inspirés de notre modèle. Aile a transformé son service de déménagements solidaires en chantier d’insertion. ‘’Toutencamion’’ a connu un développement rapide. L’an dernier, son activité était trois fois supérieure à la nôtre ».
Tout allait pour le mieux jusqu’à ce qu’un décret, obligeant les ateliers et chantiers d’insertion intervenant dans le secteur du déménagement solidaire à se mettre en conformité avec de nouvelles normes d’ordre général, complique la donne. Les deux partenaires, Aile et Massé-Trévidy, ont donc dû reconfigurer leur dispositif. « Nous avons recherché ensemble les solutions », indique Didier Lennon. En juin 2013, les deux composantes de l’activité sont juridiquement dissociées. D’un côté, un chantier d’insertion (10 salariés en insertion, 3 encadrants), géré directement par Aile, prend en charge le volet manutention. De l’autre, une entreprise d’insertion, TRANSPORTS OUEST PLUSSS (4 salariés dont 2 personnes en insertion), société anonyme ayant pour actionnaires la Fondation Massé-Trévidy et Aile, s’occupe de l’activité transport. Ce mode de gouvernance innovant rassemble autour d’une même cause deux structures de taille très différente — Massé-Trévidy (1 000 salariés) et Aile (une cinquantaine d’emplois) — sans qu’à aucun moment le « gros » n’ait eu la tentation de « manger » le « petit ». « Cette démarche a été accompagnée très fortement par le Conseil général et l’Etat », souligne Didier Lennon. Les résultats sont là ! Avant fusion, Aile réalisait 500 déménagements solidaires par an, la Fondation Massé-Trévidy 200. Depuis, l’entreprise de transport solidaire finistérienne a encore étendu son périmètre d’action, principalement en Cornouaille et dans le Pays de Morlaix.

Plus d’infos : www.masse-trevidy.org ;
Aile Brest, 8 rue Michelet (02 98 44 45 18)

Fil à fil tisse des parcours d’insertion

Le Groupe Sato* pilote à Brest le chantier d’insertion Fil à Fil qui accueille seize salariés sur des contrats de 6 mois renouvelables une fois. 80% bénéficient du Rsa et 20% sont des jeunes. Le chantier est financé par le Conseil général et le Fonds social européen.
Il touche principalement un public de femmes. 10 d’entre elles sont employées dans un atelier de petite couture, de repassage, de retouche et de taille de vêtements. « Le support textile est plus ouvert au travail féminin. Ce sont souvent des femmes isolées avec enfants. Nous adaptons les horaires du chantier aux contraintes de garde d’enfants. La journée commence à 9 heures au lieu 8 heures et le mercredi est plus calme que les autres jours, explique Laurent Porhel, directeur général adjoint du Groupe Sato. Cette activité est prise sous l’angle ménager. Nous travaillons principalement pour des particuliers. Nous réalisons aussi des retouches pour des commerces de prêt à porter. Nous avons aussi une activité de conciergerie avec de grandes entreprises comme Thales ».
Les six autres salariés du chantier travaillent à des postes de couture industrielle pour Océan Plus. Ils fabriquent, à destination des professionnels du nautisme la Silzig, une bouée de sauvetage d’homme à la mer, des bouées dérivantes et autres engins flottants. Ils confectionnent également des articles de bagagerie (cabas, porte-documents) à partir de bâches plastique neuves ou de bâches publicitaires recyclées. « Ce chantier est une des premières marches d’un parcours d’insertion. C’est un relais vers d’autres dispositifs, entreprise ou intérim d’insertion, équipe Pass’emploi du Plie.»

*Le Groupe Sato en chiffres : 41 salariés permanents, 170 salariés en insertion (équivalent temps plein), 1 985 personnes accueillies en 2012,
trois chantiers d’insertion, une association intermédiaire, une entreprise de travail temporaire d’insertion.

Améliorer l’insertion des femmes en Pays de Morlaix

« Nous avons vraiment travaillé ce PTI en concertation », affirme Joëlle Huon, vice-présidente du Conseil général délégué au Pays de Morlaix. « Le premier axe que nous avons distingué est l’insertion des femmes. Nous constatons que les chantiers d’insertion proposent des métiers plutôt à connotation masculine. En conséquence, les femmes se retrouvent généralement dans des ateliers, donc davantage dans des activités non rémunérées que dans le champ de l’emploi. Il y a là un véritable manque. Nous allons mettre en œuvre une démarche participative visant à mieux comprendre les spécificités de l’insertion des femmes afin d’apporter des réponses pertinentes. J’espère que nous pourrons nous appuyer sur l’expérience des femmes qui vont s’engager dans l’action ‘’Danse à tous les étages’’ pour essayer de régler les difficultés », explique Joëlle Huon. La seconde priorité de ce PTI concerne la santé. « Il faut traiter cette problématique avant d’engager un parcours d’insertion », souligne-t-elle. « Morlaix Communauté a signé un contrat local de santé*. L’ambition est de prendre en compte cet enjeu sur l’ensemble du Pays de Morlaix ». Le troisième objectif majeur du PTI territorial réside dans la création d’une plateforme de mobilité. « Il y a des articulations à trouver avec les structures qui interviennent déjà sur notre territoire dans les domaines du transport à la demande, du microcrédit social favorisant l’achat de véhicules, de l’apprentissage de la conduite… ». Le drame social lié à la fermeture de l’abattoir Gad à Lampaul-Guimiliau n’aura pas d’effet immédiat en termes d’insertion puisque les personnes licenciées sont actuellement prises en charge dans le cadre d’un dispositif d’Etat. Mais un impact à terme n’est pas à écarter, même si le site industriel conserve un fort potentiel. « En lien avec le GRETA, nous avons élargi le périmètre d’action de notre équipe emploi. Elle intervient désormais aussi dans les Communautés de communes du Pays de Landivisiau et de la Baie du Kernic et non plus seulement sur Morlaix Communauté et la Communauté de communes du Pays Léonard », conclut Joëlle Huon.

*Avec l’Etat, l’Agence Régionale de Santé, le Conseil général du Finistère et la Caisse Primaire d’Assurance Maladie.

Lire aussi : > Mobiliser les acteurs économiques en Pays de Cornouaille
Développer les qualifications en Pays du Centre Ouest Bretagne
Favoriser l’inclusion sociale en Pays de Brest

Priorité à l’insertion par le travail

Pour mener sa politique d’insertion, le Conseil général du Finistère s’appuie sur un réseau de structures spécialisées (chantiers d’insertion, associations intermédiaires, entreprises d’insertion, entreprises de travail temporaire d’insertion) qui forment, suivent et accompagnent les personnes en difficultés dans leur chemin vers l’emploi durable. Tour d’horizon des acteurs de l’insertion et des enjeux finistériens.

La loi généralisant le Revenu de solidarité active (Rsa), entrée en vigueur en juin 2009, a confié aux Départements la responsabilité et la coordination des politiques d’insertion. « Les orientations de la politique d’insertion du Conseil général du Finistère sont inscrites dans le Pacte territorial d’insertion 2013-2015 », rappelle le Président, Pierre Maille. « Celui-ci fédère l’ensemble des partenaires du Conseil général (Etat, Conseil régional, Pôle Emploi, Agence régionale de santé…) autour d’une feuille de route ambitieuse en faveur de l’insertion, de la formation et de l’emploi des bénéficiaires du Rsa et des jeunes de 16 à 25 ans ».
« La politique d’insertion du Conseil général se fonde sur un principe fondamental : il n’y a pas d’insertion sans perspective d’emploi durable. L’emploi détermine le destin social des personnes », complète Michaël Quernez, Vice-Président du Conseil général en charge de l’insertion et de l’économie. C’est pourquoi la priorité est donnée ici à l’insertion par l’activité économique (IAE). Celle-ci a pour objet de « permettre à des personnes sans emploi, rencontrant des difficultés sociales et professionnelles particulières, de bénéficier de contrats de travail en vue de faciliter leur insertion professionnelle. Elle met en œuvre des modalités spécifiques d’accueil et d’accompagnement. L’insertion par l’activité économique (IAE), notamment par la création d’activités économiques, contribue également au développement des territoires »*.
Pour mener à bien cette politique, le Conseil général s’appuie sur des structures spécialisées qui concilient impératif de solidarité et dimension économique. Il existe quatre catégories de structures d’insertion par l’activité économique (SIAE). Les chantiers d’insertion accueillent et intègrent en milieu de travail des personnes sans emploi, en grande majorité des bénéficiaires du Rsa. Il s’agit d’un contrat aidé de six mois (26 heures par semaine). Les salariés y acquièrent des compétences techniques et bénéficient d’un accompagnement social et professionnel (aide à la résolution de problèmes de mobilité, construction d’un projet de formation…). Les associations intermédiaires proposent une mise à disposition des salariés pour des missions ponctuelles à des entreprises, associations, collectivités publiques ou particuliers. Elles assurent l’accueil, le suivi et l’accompagnement de ces salariés dans leur démarche d’insertion. Les entreprises d’insertion produisent des biens et services comme n’importe quelle autre entreprise, tout en réalisant un suivi et un accompagnement social et professionnel de leurs salariés. Les entreprises de travail temporaire d’insertion fonctionnent comme des entreprises de travail temporaire classiques. Leurs salariés, des demandeurs d’emploi, peuvent de surcroît bénéficier d’un accompagnement social et professionnel.
Compte tenu de leur parcours et pour des motifs très divers, certaines personnes ont besoin d’un accompagnement spécifique. Des dispositifs adaptés sont mis en œuvre pour celles qui présentent un handicap, ont rencontré des problèmes d’ordre judiciaire, souhaitent évoluer vers les métiers de la mer, nourrissent un projet artistique… Afin de répondre à l’ensemble des besoins, le Conseil général s’appuie sur l’expertise de ses partenaires : la Mutualité sociale agricole (MSA) dans le secteur agricole, Ohé Prométhée et les Genêts d’Or/AN Treis pour les personnes handicapées, des associations qui réhabilitent l’estime de soi et le lien social, les équipes emploi en direction des entreprises… Plus que jamais, la réussite de la politique d’insertion entreprise par le Conseil général du Finistère repose sur une volonté politique forte, relayée et amplifiée par un réseau de partenaires actifs et solides.

*Selon les termes de la loi d’orientation du 29 juillet 1998 relative à la lutte contre les exclusions qui fixe le cadre légal de l’intervention de l’IAE et l’inscrit dans le code du travail (article L5132-1).

Plus d’infos : www.cg29.fr ; www.portail-iae.org (le portail de l’insertion par l’activité économique) ; www.emploi.gouv.fr

CHIFFRES CLÉS DE L’INSERTION EN FINISTÈRE

37 490 demandeurs d’emploi fin juillet 2013 (catégorie A – données brutes), dont 5 636 jeunes de moins de 25 ans, soit 15% du total (15,4% en Bretagne et au niveau national)*.
28 000 personnes bénéficiaires du Revenu de Solidarité Active (RSA) dans le département au 1er septembre 2013 (près de 2,3 millions de personnes en France).
15 782 personnes bénéficiaires du Rsa soumises à l’obligation d’effectuer des démarches d’insertion professionnelle et/ou sociale au 31 août 2013.
• 492,90 €, c’est le montant actuel du Rsa socle** pour une personne seule.
• 
81,3 millions d’euros sont consacrés au Rsa par le Conseil général en 2013, ce qui représente 8% de son budget annuel.
• 38 chantiers d’insertion.
• 8 associations intermédiaires.
• 7 entreprises d’insertion.
• 1 entreprise de travail temporaire d’insertion.
• 11 Commissions Locales de Lutte contre les Exclusions (CLLE).
• 1 million d’euros, c’est le montant de l’enveloppe allouée par le Conseil général et ses partenaires à destination des personnes en difficulté d’insertion ou en situation d’exclusion sociale dans le cadre du dispositif « Avenir Jeunes 29 » en 2013.
• 4 000 €, le montant maximum de l’aide à la création d’entreprise. Elle peut être accordée aux bénéficiaires du Rsa socle. Le dossier doit être validé par la CLLE après avis d’un organisme d’aide à la création d’entreprise.
• 2 garages solidaires, 3 centrales de mobilité.

*Source : Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi (DIRECCTE) –
Unité territoriale du Finistère.
**Le RSA socle est versé aux foyers sans revenus et vise à garantir des ressources

« Accompagner les mutations » par Monique Tanguy de Chantier école Bretagne

Monique Tanguy

Monique Tanguy
Chantier école Bretagne

La politique d’insertion du Conseil général se fonde sur un principe fondamental selon lequel c’est autour de l’emploi que se joue le destin social des personnes. CHANTIER école Bretagne, comme les autres réseaux de l’insertion par l’activité économique est signataire du Pacte Territorial d’Insertion et, à ce titre, participe à sa mise en œuvre sur l’ensemble du département.

Le Conseil général, par sa volonté de décliner ses actions sur chaque territoire, a impliqué tous les acteurs de l’IAE* dans la mise en œuvre des actions en fonction des besoins identifiés par l’ensemble des parties prenantes. C’est ce partenariat qui doit favoriser la cohérence et la complémentarité des actions développées par les acteurs de l’IAE. Dans une période qui va connaître de profondes mutations économiques dans le département, où les pertes d’emploi auront des conséquences qu’il est encore difficile de mesurer, l’IAE a une place qu’il ne faut pas négliger. Avec sa capacité d’innovation, d’adaptation, l’IAE doit avoir une place et un rôle dans l’accompagnement de ces mutations économiques et sociales. Aujourd’hui, sur l’ensemble du territoire, l’IAE est reconnu comme acteur économique à part entière. La réforme du financement de l’IAE conforte cette place.Dans sa volonté d’accompagner les têtes de réseaux dans les mutations du secteur de l’IAE, le Conseil général a octroyé une subvention permettant de décliner un certain nombre d’actions en direction des structures de l’IAE du département.

Ces actions revêtent plusieurs objectifs dont le déploiement d’un observatoire, l’accompagnement des acteurs, l’optimisation des parcours d’insertion, la mesure de l’impact économique… Nous sommes convaincus que cette convention de partenariat doit donner une cohérence et une complémentarité dans les actions mises en œuvre par les structures de l’IAE du département.

* Insertion par l’activité économique